Alcoolémie au volant : bientôt "Zéro alcool" pour les jeunes conducteurs

Publié par le 3 juin 2015

En France, l'alcool est la première cause de mortalité sur nos routes. Chez les jeunes (18-24 ans), les chiffres sont même alarmants puisque 20% des décès sont liés à un taux d'alcoolémie élevé. Le Gouvernement se prépare donc à adopter des mesures importantes en matière de sécurité routière. En effet, une mesure applicable au 30 juin de cette année rapproche un peu plus les jeunes conducteurs de la tolérance zéro.

Alcoolémie au volant : bientôt

Jeunes conducteurs : l'alcool au volant interdit au 30 juin 2015

Le Code de la route ne faisait jusque-là pas de différence entre le taux d'alcool autorisé pour les jeunes conducteurs (permis probatoire) et les autres. Le taux d'alcoolémie général autorisé étant fixé à 0,5 g par litre de sang, soit 0,25 mg par litre d'air expiré (environ deux verres de vin ou de bière).

Depuis le début de l'année 2015, la mortalité sur les routes françaises est repartie à la hausse (+2,5%), obligeant le Ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, à mettre en action un plan de lutte pour la sécurité routière. Deux mesures phares ont été annoncées : Lutter contre l'alcoolémie des jeunes conducteurs et limiter l'usage du téléphone.

« Le message sera très simple : on ne boit plus du tout avant de conduire », souligne d'ailleurs Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la Sécurité Routière. En effet, le taux légal d'alcoolémie sera abaissé de 0,5 g/l à 0,2 g/l pour les détenteurs d'un permis de moins de trois ans (moins de deux ans en cas de conduite accompagnée). Un taux restrictif qui peut s'expliquer par le manque d'expérience des permis probatoires ainsi que l'impact d'une alcoolisation même légère sur leurs temps de réaction au volant.

En cas d'infraction, le jeune conducteur s'expose à des sanctions fermes (retrait de 6 points sur le permis et une amende de 135 euros).

Pourtant des voix s'élèvent pour réclamer plus de sanctions dissuasives. «Il faut déjà faire respecter la règle existante avec plus de contrôles avant de faire baisser le taux d'alcoolémie», juge Pierre Chasseray, délégué général de l'association 40 millions d'automobilistes.

Pour connaître l'autre mesure phare applicable au 30 juin sur le téléphone au volant, vous pouvez consulter : voir article

0,2 g/l pour les détenteurs d'un permis probatoire

Pour des raisons techniques, le taux d'alcoolémie ne peut être abaissé à zéro. En effet, une alcoolémie de 0,2g/l correspond à moins d'un verre consommé.

De plus, certains médicaments peuvent augmenter le taux d'alcoolémie de manière significative : +50% pour des traitements d'ulcères ; +25% pour un cachet d'aspirine consommé après une bière.

Prudence donc pour les personnes sous traitement qui pourraient ignorer les effets secondaires de leurs médicaments.

La France inspirée par l'Europe

En Allemagne, l'impact du « zéro alcool » auprès des jeunes a permis de baisser de 15% le nombre de jeunes impliqués dans un accident avec alcoolémie.

D'autres pays européens (Italie, Suisse) se montrent tout aussi répressifs avec les conducteurs novices. En cas de délit, le permis de conduire est immédiatement saisi et le véhicule immobilisé. D'autres appliquent également un taux d'alcoolémie spécifique (0,2g/l en Irlande, Grèce, Portugal).

La « tolérance zéro » existe également puisque des pays (République tchèque, Hongrie, Slovaquie, Roumanie, Croatie, Lettonie et Estonie) ont strictement interdit la conduite à toutes personnes ayant bu même un petit verre. En France, les associations de prévention routière ne sont pas encore favorables à cette mesure.