Comparateurs : la revanche des assureurs ?

Comparateurs : la revanche des assureurs ?

Publié par le 11 janvier 2012

Avec les millions d’internautes qu’ils ont attirés, les comparateurs d’assurance en ligne sont devenus des acteurs incontournables de la commercialisation de contrats santé individuels. S’ils ne représentent encore que 5% des souscriptions de nouveaux contrats (contre la moitié au Royaume-Uni), certains parient déjà sur une véritable envolée du marché : « Dans cinq ans, près d’un quart des Français souscriront leur assurance santé en ligne », pronostique Daniel Makanda, directeur marketing du courtier en ligne Santiane. Les assureurs, qui voyaient d’un mauvais oeil cette mise en  concurrence de leurs réseaux de distribution traditionnels, ont dû se plier aux exigences de ces « carrefours d’audience », quitte à en passer par des marques et des organisations dédiées (Amaguiz pour Groupama, Direct Assurance pour Axa, ou encore Idmacif).

Les organismes paritaires (Novalis) ou mutualistes ne sont pas en reste. À l’instar des mutuelles UMC en novembre, la MCDef s’apprête ainsi à s’afficher sur le site mutuelle-conseil.com. En matière de comparaison d’assurance, deux  catégories d’acteurs se distinguent. 1/Les agrégateurs plutôt issus de la sphère Internet : généralistes, comme Assurland et Hyperassur, les deux leaders du marché, ou spécialisés en santé, comme  mutuelle-conseil.com, ils sont rémunérés par leurs partenaires assureurs en fonction du nombre de prospects collectés, avec ou sans demande de devis à la clé. 2/Les courtiers en ligne, comme santiane.fr ou mutuelle.com, sont rétribués en fonction des souscriptions réalisées. Les premiers se concentrent sur la mise en relation des organismes complémentaires avec des internautes dont les principales motivations restent « la recherche des prix les plus bas et la comparaison de garanties encore très éclatées », selon Stanislas di Vittorio, fondateur d’Assurland.

Pour Mathieu Escot de l’UFC-Que Choisir,«du fait du nombre d’offres mises en avant, ces comparateurs tendent parfois à donner une fausse impression d’exhaustivité aux assurés et la seule comparaison des garanties ne permet pas toujours de cibler les besoins spécifiques des assurés, en particulier en santé ». « La seule mise en relation ne suffit plus et les assureurs sont de plus en plus soucieux de rentabiliser leur investissement en réduisant le turn-over de ces internautes, supérieur à 20% par an», confirme Josette Gueniau, consultante du cabinet Futur Santé. «Les assureurs sont en train de reprendre la main sur les comparateurs », confirme Julien Fillaud, directeur du développement de Mutuelle  conseil, prêt à relever le défi de la qualité de service.