Les nouvelles tendances du paysage automobile français

Publié par le 19 août 2014

Le marché de l'auto européen enregistre une augmentation des ventes stable, + 4,5 % par rapport à la même période l'an dernier. Bien qu'il soit trop tôt pour parler d'une reprise, cette évolution est perçue comme le symbole marquant la fin de la récession. Au niveau de la France, on note d'importants changements. Le recul des ventes de diesel et de modèles propres entraine une modification du marché français.

Les nouvelles tendances du paysage automobile français

Baisse du succès du diesel

L'engouement pour les véhicules à motorisation diesel fait partie de la spécificité du marché automobile français. Le gazole bénéficiant d'une réduction de taxe, le marché du diesel s'est largement développé en France. S'élevant à un peu plus de 50 % dans les pays européens voisins, le taux de diesel en France représentait près de trois quarts des voitures en 2012. Cependant, depuis l'année dernière, les moteurs diesels ne rencontrent plus le même succès.

Passé à 67 % en 2013 et à 65 % en ce début d'année, le diesel connait une baisse historique à l'échelle du marché français. En effet, le taux n'a pas été aussi bas depuis 12 ans, une diminution d'autant plus impressionnante qu'elle a commencé en 2013 seulement. Une baisse de régime qui s'explique en partie par l'augmentation du prix des carburants. 

Mais il y a aussi une prise de conscience générale du fait que pour amortir le surcoût à l'achat d'un diesel il faut en moyenne rouler 20 000 km par an (selon un rapport sur les prix des carburants commandé par le gouvernement). Et un sondage réalisé par l'UFC Que Choisir révèle que 70 % des propriétaires de diesel roulent moins que ce seuil de rentabilité. Le choix du diesel est donc uniquement intéressant pour les plus gros rouleurs. Cette tendance a d'ailleurs bien été notée par les constructeurs car ils ne proposent plus les dernières générations de petites citadines - Peugeot 108, Citroën C1, Twingo - en diesel. 

Les voitures « vertes » victimes du bonus

A l'inverse, les ventes de voitures essence affichent une forte augmentation au cours des 6 premiers mois de l'année, plus 17 % par rapport à la même période il y a un an. Les véhicules essence représentent aujourd'hui plus de 30 % des ventes globales.

Outre le recul du diesel, on observe également un ralentissement dans les ventes des véhicules « verts », moins 6,7 % pour les modèles hybrides et moins 10 % pour les électriques. On explique ce manque d'engouement par la diminution du bonus à l'achat et les nombreux retards dans la mise en place des infrastructures prêtes à accueillir les voitures zéro émission. 

Encore très sensible aux critères économiques et au levier du bonus/malus, le marché français attend davantage des pouvoirs publics pour se convertir à l'énergie électrique. Il amorce cependant une petite révolution culturelle en achetant plus d'essence. Les Français en auraient-ils fini avec le « tout diesel » ?