Europe et pollution, quelles sont les meilleures pratiques ?

Publié par le 24 mars 2014

Les récents pics de pollution en France et l'épisode de circulation alternée en région parisienne soulèvent une question : comment les grandes capitales Européennes gèrent-elles la pollution en zone urbaine et plus précisément celle émanant de l'automobile ? Cette dernière représente plus de 50 % de la pollution globale en ville (selon un rapport sur l'origine des polluants en Ile-de-France réalisé par Airparif). C'est donc un réel enjeu pour la santé des urbains partout en Europe.

Europe et pollution, quelles sont les meilleures pratiques ?
Après un essai plutôt concluant le 17 mars dernier, plus pour la participation des automobilistes que pour la baisse de la pollution (largement imputable aux conditions météorologiques), le Gouvernement Français réfléchit à adopter la circulation alternée de façon plus régulière.

La France suit ainsi toutes les autres capitales Européennes qui ont déjà adopté diverses mesures pour lutter contre la pollution. A noter que seule la Grèce a choisi la circulation alternée qui est en place depuis 1982 dans le centre d'Athènes. Le système grec s'essouffle d'ailleurs car les taxis ne sont plus soumis à la limitation alors qu'ils étaient responsables à l'époque d'environ 30% des émissions de CO2. De plus, aujourd'hui une large partie des athéniens possèdent deux voitures avec des plaques paires et impaires pour pouvoir alterner selon le jour de circulation.

Au Portugal, Lisbonne protège depuis 2012 sont centre-ville du lundi au vendredi en interdisant son accès aux véhicules trop polluants. Ainsi les modèles fabriqués avant 1996 sans pot catalytique et tous ceux fabriqués avant 1992 ne sont pas autorisés à rouler en ville. En Italie, Rome a créé une zone à trafic limité englobant son centre-ville et 40 quartiers historiques. Pour accéder à ces zones, il faut posséder un permis spécial au tarif dissuasif en plus d'une voiture répondant à des normes anti-pollution sévères. Le taux de deux-roues a cependant explosé à la suite de cette mesure, diminuant ainsi les bienfaits du dispositif.

Le système de vignette, pour différencier les véhicules et permettre uniquement aux plus propres de circuler, a séduit plusieurs pays comme la Hongrie ou l'Allemagne pour la plupart de leurs grandes villes. De leur côté, Londres, les villes suédoises de Stockholm et Göteborg et Oslo en Norvège ont opté pour un péage urbain. Pour circuler dans la capitale britannique il faudra par exemple débourser une dizaine de livres (environ 12 €) par jour.

On trouve au travers de l'Europe une grande diversité de mesures pour lutter contre la pollution de l'air - péages, vignettes ou circulation alternée. Ces mesures sont globalement efficaces sur la régulation de la circulation en zone urbaine, cependant leur effet sur l'émission de particules dans l'air reste à démontrer. La question se pose pour Paris, dans quelle direction la future équipe municipale va-t-elle se diriger et quand ?