Passer son permis de conduire à l’étranger : ce qu’il faut retenir

Publié par le 17 juillet 2015

Avec un coût estimé entre 1400 € et 1500 € et un délai d'attente moyen de 3 mois entre deux examens, passer son permis de conduire en France n'a rien d'une promenade de santé. Certains se tournent alors vers l'étranger où les prix sont généralement plus bas et les procédures plus rapides. Pour ceux que l'aventure intéresse, voici nos conseils.

Passer son permis de conduire à l’étranger : ce qu’il faut retenir

Les avantages de la théorie

Il n'existe pas de statistiques car les candidats ne s'en vantent que rarement, mais on estime à quelques centaines le nombre de Français qui chaque année passent leur permis à l'étranger. Lassés des lenteurs en France, surtout en cas d'échec, effrayés par la difficulté de l'examen et surtout son prix, ils n'hésitent pas à prendre quelques semaines pour suivre une formation accélérée hors de nos frontières. En effet, il ne faudrait qu'un mois et moins de 800 € en Espagne, en Italie ou en Pologne pour obtenir le précieux sésame.

Et une fois de retour en France, aucun souci car les permis délivrés par les pays membres de l'Union Européenne permettent de circuler sans restriction et sans limite dans le temps.

Concrètement, il est possible pour un Français de passer son permis dans un autre pays européen et de rouler en toute légalité en France. Et alors que les permis obtenus hors de l'Union Européenne doivent être échangés contre un permis français dans un délai d'un an, les détenteurs de permis « UE » sont dispensés de la démarche. Et s'ils souhaitent quand même le faire, aucun délai n'est imposé. Passer son permis à l'étranger serait-il une solution miracle ?

Les inconvénients de la réalité

Pas si sûr. La théorie est séduisante mais la réalité, elle, est moins brillante car il existe quand même des conditions. La première, conduire le plus sagement possible car un permis européen ne permet pas de rouler en toute impunité. En effet,à la moindre infraction entraînant un retrait de point, en tant que ressortissant français les autorités vous imposeront l'échange avec un permis tricolore. Du coup si votre permis a moins de 3 ans, vous recevrez un permis probatoire.

Deuxièmement, si vous êtes sous le coup d'une suspension ou d'une annulation de permis en France, voire une interdiction temporaire de le repasser, n'espérez pas passer la frontière pour obtenir un permis étranger et revenir comme si de rien n'était. En cas de contrôle, votre interdiction de conduire prendra le dessus sur ce nouveau permis qui n'aura alors aucune validité.

Enfin, si vous espérez profiter des tarifs imbattables pratiqués dans certains pays africains (200 à 250 € en moyenne), ne vous attendez pas à une procédure facile. D'une part, vous serez soumis aux mêmes règles que pour un permis européen mais vous aurez en plus une obligation d'échange avec un permis français sous un an.

Et c'est là que les choses se compliquent car en tant que Français vous devrez justifier de votre présence dans ce pays pendant au moins 6 mois. En cas de doute,l'administration procèdera à une enquête pouvant durer plusieurs mois pendant lesquels vous n'aurez pas le droit de conduire car votre permis sera en rétention.

Autant dire que si vous êtes un habitué des condamnations pour infractions routières, l'administration fera certainement traîner les choses de façon à dépasser le délai légal de réponse au dossier (6 mois). Au-delà, vous n'aurez d'autre choix que de repasser les épreuves…en France.

Pour en savoir plus sur la conduite en France avec un permis étranger : voir l'article