Pièces détachées d’occasion : la mesure qui sent bon les économies sur l’assurance

Publié par le 4 janvier 2017

Vous le ne savez peut-être pas, mais depuis le 1er janvier 2017 dans le cadre de la réparation de votre voiture par un garagiste, on doit vous présenter un devis avec des pièces détachées neuves et un autre avec des pièces d'occasion. Une mesure, qui en plus de faire baisser votre budget entretien, pourrait faire baisser votre prime d'assurance. Explications. 

Pièces détachées d’occasion : la mesure qui sent bon les économies sur l’assurance

Un décret de la loi de transition énergétique oblige désormais les garagistes à présenter deux devis à un client venu pour faire réparer sa voiture : l'un proposant le remplacement des pièces hors d'usage par des éléments neufs et un autre proposant l'utilisation de pièces d'occasion. Une amende d'au minimum 3 000 € est prévue en cas de non respect du texte.
Si le coût de la main d'œuvre, lui, reste le même, le coût des pièces détachées peut être réduit de 30 % à 70 %.
Une bonne nouvelle donc pour les automobilistes, surtout dans un contexte où leur budget auto est à la hausse avec un prix de l'essence qui grimpe, des péages de plus en plus chers et des tarifs d'assurance en augmentation.


Les pièces d'occasion sont-elles sans danger ?

Mais d'où viennent ces pièces d'occasion ? Sont-elles sûres ? Et cela concerne-t-il vraiment toutes les pièces ?
Les pièces d'occasion que doivent proposer les garagistes - c'est au client que revient la décision finale d'utiliser du neuf ou de l'usagé - sont issues de la filière du réemploi, c'est à dire en provenance de centres agrées par le Ministère de l'Environnement. Ces derniers, dans leur traitement des véhicules hors d'usage sélectionnent les éléments encore en bon état et les soumettent à des tests pur certifier de leur qualité.
Si l'objectif de la mesure est de favoriser le recyclage, la sécurité reste un élément déterminant. C'est pourquoi ne peuvent être remplacées par de l'occasion que les pièces de carrosserie, les vitrages, de nombreux organes mécaniques et électriques. Tout ce qui relève des liaisons au sol (direction, freinage, amortissement) et donc de la tenue de route du véhicule devra être obligatoirement remplacé par du neuf.


Bien entendu, les pièces d'occasion ne s'adressent pas à tous les véhicules. Les modèles encore sous garantie constructeur ne sont pas visés, et plus généralement toutes les voitures récentes, qui dans le cadre de leur réparation méritent encore des pièces neuves.
Il faut bien évidemment essayer de respecter un équilibre entre l'âge du véhicule et celui des pièces montées. Si des éléments de 7 ans d'âge suffiront à réparer une voiture de 10 ans, ils ne conviendront pas à un modèle de moins de 3 ans.


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Quel impact sur les prix de l'assurance ?

Les sinistres auto sont nombreux en France - un peu plus de 8,5 millions chaque année soit 6 % du parc automobile concerné - et ont un coût en indemnisations : 16,9 milliards d'euros soit presque 2 000 € en moyenne par sinistre.
Les assureurs pointent d'ailleurs du doigt la hausse constante du prix des pièces de rechange, et notamment le coût des éléments de carrosserie. Ils se servent, entre autres, de cet argument pour justifier de l'augmentation annuelle des primes d'assurance.
En suivant cette logique, la loi obligeant les garagistes à proposer du neuf et de l'occasion permettrait donc de faire le baisser le montant des préparations, et donc celui des cotisations.
Sur les plus de 20 milliards de cotisations auto payées en une année par les Français, une baisse de seulement 0,5 % grâce à cette mesure reviendrait à rendre aux ménages plus de 100 millions d'euros en pouvoir d'achat.


Enfin dernier impact sur le monde l'assurance, le réemploi de pièces éviterait à des milliers de véhicules, déclarés économiques irréparables (procédure VEI), de finir à la casse après un sinistre.
Il faut savoir que le parc automobile Français affiche aujourd'hui un âge moyen de presque 9 ans et une valeur moyenne d'environ 4 000 €. De ce fait, même un petit choc suffit à déclarer « épave » une voiture en bon état en raison d'un coût de réparation trop élevé. Avec des pièces d'occasion, ce véhicule est certainement réparable et peut continuer à être utilisé par son propriétaire qui n'a pas forcément les moyens d'en acheter un plus récent. Et plus de véhicules réparables, c'est davantage de travail pour les professionnels de l'automobile.
Un consommateur qui peut faire des économies, des assureurs qui économisent aussi sur les indemnisations, des filières du recyclage et de la réparation dynamisées, sur le papier la loi de transition énergétique a tout bon. Affaire à suivre…

Sources : FFA, Gerpisa, l'Argus