UberPOP: êtes-vous aussi bien protégé qu'en montant dans un taxi ?

Publié par le 16 décembre 2014

La polémique autour de la société américaine Uber ne cesse d'alimenter la une de nos journaux. A partir du 1er Janvier 2015, l'application UberPOP sera considérée comme illégale mais également dangereuse pour son consommateur. En effet, les chauffeurs ne disposent pas d'assurance spéciale pour faire du transport de personne. De fait, les clients ne bénéficient d'aucunes garanties en cas d'accidents, contrairement à un taxi traditionnel. Explications. 

UberPOP: êtes-vous aussi bien protégé qu'en montant dans un taxi ?
 «Les assurances d'Uber couvrent tous les risques et tout est mis en place pour assurer de la qualité du service» soulignait Thibaud Simphal, Directeur général d'Uber. Pourtant, en Inde, un fait divers sordide a secoué la marque, alors en pleine expansion. En effet, une cliente aurait été violée par un chauffeur de la firme qui ne possédait pas de GPS (une condition indispensable au recrutement).
Pour devenir chauffeur UberPOP, le règlement est moins contraignant que pour Uber. Il suffit d'être propriétaire d'une voiture de 4 ou 5 portes, de moins de 10 ans ; être âgé de 21 ans minimum ; de détenir le permis B depuis plus d'un an ; d'avoir un casier judiciaire vierge ; et de présenter une assurance auto à son nom. Le conducteur sera libre de déclarer cette nouvelle activité à son assureur pour être couvert en cas d'accident.

Pourtant les chauffeurs de ce service n'ont pas suivi de formation, et ne possèdent pas de carte professionnelle à l'instar des chauffeurs de VTC. Un statut identique aux conducteurs de Blablacar, leader français du covoiturage. On souligne que si le covoiturage inclut bien un échange monétaire entre les particuliers, il s'agit avant tout d'un partage des frais liés à l'utilisation du véhicule (coûts d'entretien, essence voire d'assurance auto). En aucun cas le conducteur n'est rémunéré directement en tant que chauffeur, contrairement à UberPOP où le tarif est de 4 € par course + 35 centimes par minute ou 80 centimes par kilomètre.

Une assurance indispensable
L'Union Nationale des Chauffeurs Courtois (UNCC) lance une mise en garde puisque selon eux, les assurances de ces chauffeurs ne sont pas adaptées. Si votre conducteur est bien assuré, il doit disposer soit d'une "assurance responsabilité civile professionnelle" pour taxi ou d'une "assurance véhicule" pour VTC. Elle prévoit donc une indemnisation illimitée à la victime en cas d'accident de la circulation. Une assurance souvent 3 fois plus chère qu'une assurance classique.
En cas de sinistres corporels, la victime est protégée quelle que soit la situation grâce à la loi Badinter. Le Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires de dommages (FGAO) se substitue à l'assureur si votre chauffeur n'est pas correctement assuré.
Pourtant à partir du 1er Janvier, les « chauffeurs » UberPOP risquent donc jusqu'à trois ans de prison et 45.000 euros d'amende, notamment pour exercice illégal de la profession de taxi. Les clients qui paient le transport peuvent également être poursuivis pour complicité de travail dissimulé.