Voiture autonome, pay how you drive…comment l’assurance auto va devoir s’adapter ?

Publié par le 30 septembre 2015

La voiture connectée est déjà une réalité et le modèle autonome nous est promis pour bientôt. Cela ouvre des centaines de perspectives à la fois aux constructeurs qui peuvent imaginer toutes sortes d'applications, aux conducteurs qui vont devoir repenser leur rapport à l'automobile, mais aussi aux législateurs et aux assureurs qui vont devoir donner un cadre à tout cela. Explications.

Voiture autonome, pay how you drive…comment l’assurance auto va devoir s’adapter ?

Des fonctionnalités inédites

Les voitures autonomes sont en route. Grâce à une armée de capteurs et caméras, déjà elles se garent toutes seules et s'alarment dès que le conducteur change de voie ou s'approche dangereusement d'un autre véhicule. Aujourd'hui, elles choisissent elles-mêmes leur carburation, essence ou électricité, régulent leur vitesse dans les bouchons, freinent si besoin. Grâce à leur GPS elles peuvent anticiper les embouteillages, donner la liste des stations service à proximité et des restaurants préférés des conducteurs. Elle signalent déjà leur position en cas de vol et pourront bientôt déposer leur conducteur pour ensuite se garer plus loin.
Et dans cette nouvelle révolution de l'automobile, les constructeurs traditionnels ne sont pas seuls, les géants du web tels Google ou Apple se verraient bien avec une voiture à leur nom.


La voiture « big mother »...

Car les ordinateurs de nos chères autos ne semblent connaître aucune limite. En plus des ingénieurs, les chercheurs aussi travaillent sur la voiture de demain et notamment sur de nouvelles interactions, avec les passagers, avec les autres voitures et pourquoi pas le reste du monde grâce à l'action combinée des smartphones et montres connectées.
Bientôt une voiture pourra reconnaître la voix de son propriétaire, surveiller son rythme cardiaque pendant qu'il conduit ou encore régler toute seule la température idéale pour ne pas qu'il s'endorme au volant. El elle pourra aussi enregistrer l'historique de ses trajets préférés… et ses écarts de conduite, petits ou grands.


… et « big brother »

Cependant, toutes ces informations peuvent tout autant servir que desservir les usagers de la route. Leurs comportements au volant, les circonstances des accidents, l'état du véhicule, n'auront plus aucun secret pour personne. Non seulement pour les assureurs mais aussi pour les autorités administratives, la police, la justice, les employeurs, les clients et tant d'autres encore, plus ou moins bien intentionnés.
Se pose ici la question de la protection des données et des possibilités de piratage des véhicules. Récemment, des expériences ont été menées aux Etats-Unis pour dénoncer cette faille et ont été largement relayées dans les journaux. 

Certes, grâce à des informations précises données par les assurés eux-mêmes et livrées par leur véhicule, les tarifs des assurances vont de mieux en mieux s'adapter aux kilomètres parcourus, au comportement au volant, aux risques réellement encourus. Les fraudes seront également plus difficiles. On ne parle plus de « pay as you drive » (payez ce que vous conduisez) mais de « pay how you drive » (payez comme vous conduisez) et ces offres avec boîtier de surveillance intégré au véhicule sont déjà sur le marché. Pour les « bons » conducteurs, elles promettent des réductions jusqu'à 50 %. Pour autant, de nombreuses autres questions se posent, en particulier en ce qui concerne le pilotage automatique des voitures de plus en plus autonomes.

Pour en savoir plus sur les offres d'assurance auto pay how you drive : voir l'article


Qui est responsable ?

En effet , si la voiture, les ordinateurs, les téléphones et les montres prennent tout en charge, en cas d'accident on peut légitimement se demander qui sera considéré comme responsable. Pour le moment le Code de la route stipule que « tout véhicule en mouvement doit avoir un conducteur ». Et que celui-ci doit aussi « se tenir constamment en état et en position d'exécuter commodément et sans délai toutes les manoeuvres qui lui incombent » (article R. 412-6). Autrement dit en l'état actuel de la réglementation, tout indique que le conducteur est et restera responsable de tout.

C'est pourquoi, certains constructeurs allemands, qui proposent déjà des systèmes de conduites autonome partielle sur des modèles haut de gamme, imposent au conducteur d'être en contact avec le volant en permanence afin de rester dans la légalité. On voit donc bien que le réel frein au développement de la voiture autonome ne se situe pas du côté de la technologie mais bien de la législation qui va devoir évoluer pour laisser entrer ces technologies dans notre quotidien.