Climat : le budget assurance des particuliers pourrait doubler d'ici 20 ans

Publié par le 15 mars 2010 Climat : le budget assurance des particuliers pourrait doubler d'ici 20 ans

En France, ce sont près de 800.000 logements de particuliers et bâtiments d'entreprises qui seraient menacés par les conséquences de marées exceptionnelles, selon une étude émanant des assureurs publiée par le JDD. Vingt-six départements seraient concernés par des inondations proches de ce qu'ont vécus la Vendée et la Charente Maritime lors de la tempête Xynthia.

Des plans de prévention faux ou périmés

Si la possibilité de voir des dizaines de milliers de maisons menacées par la montée de la mer en quelques heures tient davantage du scénario hollywoodien, l'objet de l'étude est avant tout de répondre aux intérêts et aux préoccupations des assureurs français désireux d'anticiper les risques futurs.

L'étude qui vient d'être réalisée questionne la pertinence des Plans de prévention des risques naturels d'inondation (PPRNI) des communes. Selon la Mission risques naturels (MRN), plus de la moitié des PPRNI ne sont pas correctement renseignés (61%) sur l'aléa "submersion marine".

Pour les 120 communes où il est renseigné, il est "approuvé" pour seulement 40% d'entre elles. Enfin, 21% des communes concernées disposent d'un PPRNI prescrit depuis plus de quatre ans. Dans l'étude, on découvre que La Faute et L'Aiguillon, deux des communes les plus touchées en Vendée, disposaient d'un PPRNI établi le 21 novembre 2001. Soit 8 ans avant la catastrophe.

Doublement du coût des catastrophes naturelles

Cette enquête montre surtout que la question climatique préoccupe de plus en plus les assureurs. La profession avait d'ailleurs déjà lancé une étude sur ce type de risques en 2009, après la tempête Klaus. Cette étude avait chiffré le coût d'indemnisation des catastrophes naturelles en France entre 1988 et 2007, à 34 milliards d'euros, dont 17 milliards pour les seules tempêtes. Surtout, l'étude évaluait un doublement de ce coût d'ici à 2030 avec une facture de 60 milliards d'euros.

Raisons invoquée de cette augmentation spectaculaire des dommages : la multiplication des événements exceptionnels de type canicule ou tempête, et un enrichissement des zones côtières (logements plus nombreux et de plus grande valeur).

Augmentation du budget assurance climatique des ménages

Aujourd'hui, la loi oblige les compagnies d'assurance à couvrir les principales causes de catastrophes naturelles (séisme, sécheresse, inondation, tempête). Mais la part de ces catastrophes ne doit pas représenter plus de 12% du montant total de l'assurance des ménages. En réalité, le risque climatique représenterait déjà environ 16% de ce montant. Et les spécialistes estiment que l'effort financier des particuliers pourrait augmenter fortement au cours des vingt prochaines années. « Le budget assurance climatique pourrait représenter entre 20 et 25% de leur budget assurance à terme », prévient un professionnel.