Rallumer son chauffage : Avez-vous pensé à l’entretien ?

Publié par le 26 octobre 2016

Les températures sont en baisse et que ce soit dans les bâtiments publics ou chez les particuliers, on rallume le chauffage. Radiateurs électriques, chaudière à gaz ou au fioul, cheminée… le confort thermique des logements peut être assuré par différents systèmes qui ont tous en commun une chose : l'obligation d'entretien. Entre amendes et refus d'indemnisation, on fait le point sur les risques de la négligence.  

Rallumer son chauffage : Avez-vous pensé à l’entretien ?

Rituel de l'automne qui annonce « la mauvaise saison », remettre en route son chauffage est un moment généralement redouté par les Français. Premièrement parce que c'est un budget, 1590 € en moyenne par ménage (source QuelleEnergie 2015), ensuite parce que les installations défectueuses sont dangereuses et font de nombreuses victimes. On dénombre ainsi chaque année 5000 intoxications au monoxyde carbone et 10 % des incendies domestiques sont directement liés au chauffage.
Maintenir à la fois un bon niveau de performance énergétique, autrement dit ne pas exploser son budget chauffage, et un niveau de sécurité optimal passe évidemment par un entretien régulier.


Entre obligations et sanctions

En ce qui concerne les radiateurs électriques, il n'existe aucune obligation d'entretien.
Veillez toutefois au bon état du câblage, à ce que les résistances (s'il y en a) soit nettoyées pour éviter toute combustion de matière, et qu'aucun objet (surtout des textiles) ne soit en contact direct avec les radiateurs. En cas d'incendie, une enquête qui mettrait en évidence une négligence (des rideaux juste au-dessus d'un radiateur électrique par exemple) pourrait conduire à un refus d'indemnisation.


Dans le cas d'une chaudière, un décret de 2009 oblige à au moins un entretien annuel pour tous les appareils d'une puissance comprise entre 4 et 400 kilowatts, et ce quel que soit le combustible (gaz, fioul, bois, charbon, multi-combustibles).
C'est à l'occupant qu'incombe l'entretien, le propriétaire ou le locataire (sauf si le bail dit le contraire). Pour les installations collectives, c'est au propriétaire ou au syndicat des copropriétaires de veiller à la maintenance.
Contrairement aux idées reçues, un contrat d'entretien n'est absolument pas obligatoire mais cela permet d'avoir l'esprit tranquille puisque c'est au professionnel de prendre contact avec vous à date fixe chaque année.

La révision annuelle d'une chaudière doit être effectuée par un chauffagiste professionnel - comptez en moyenne de 100 € à 200 € selon l 'équipement et la région - qui remettra à l'issue de l'intervention un certificat d'entretien ainsi qu'une facture. Ces deux documents serviront de preuve en cas de sinistre.
Si l'assuré n'a pas la possibilité de les produire, alors l'assurance pourra refuser une indemnisation au titre de la garantie incendie. En effet, la plupart des contrats multirisques habitation comportent une exclusion d'indemnisation « en cas de défaut d'entretien ou de négligence grave avérée ». C'est un risque élevé mais c'est la seule sanction prévue car la loi ne prévoit pas d'amende pour défaut d'entretien d'une chaudière.


Pour les six millions de foyers qui possèdent une cheminée ou un poêle, il existe en revanche une sanction pécuniaire, à savoir une amende de troisième classe pouvant atteindre 450€. Et là encore la compagnie d'assurance pourrait refuser d'assumer les dommages sans preuve d'un entretien régulier.

Chaudière ou cheminée : faites appel à des pros

On parle ici bien entendu du ramonage des cheminées ou des poêles à bois et notamment des conduits d'évacuation des fumées dans lesquels les résidus de combustion (la suie) peuvent s'enflammer. En théorie, la fréquence d'entretien est d'une fois par an mais certains départements, via leur règlement sanitaire, peuvent imposer jusqu'à deux interventions par an dont au moins une pendant la période de chauffe.

Une fois de plus l'opération doit être confiée à un professionnel dont les coordonnées sont facilement vérifiables. Ce dernier doit impérativement vous délivrer une facture et un certificat d'intervention.
Evitez les ramoneurs ambulants qui fonctionnent à l'opportunisme (porte à porte), mieux vaut prendre rendez-vous à l'avance. Si vous avez un doute, sachez qu'un ramonage digne de ce nom dure entre 20 et 30 minutes et coûte généralement entre 30 € et 80 € suivant la complexité de l'installation et la région.
Enfin, tout comme pour la chaudière, le ramonage est à la charge du locataire (sauf avis contraire du bail) ou du propriétaire occupant.