Peut-on reposer dans le cimetière de son choix ?

Publié par le 21 juin 2016

Prévoir ses obsèques de son vivant, c'est évidemment s'assurer que la charge financière qu'elles représentent ne repose pas sur les épaules des proches. Mais c'est aussi anticiper la façon dont elles seront organisées, et les modalités des funérailles.

Peut-on reposer dans le cimetière de son choix ?

Rédiger un testament fait partie de la démarche de préparation, et permet d'exprimer les souhaits que l'on peut avoir comme l'inhumation ou la crémation et le choix du cimetière.

Comment faire connaître et respecter ses choix ?

Un testament, si l'on peut établir qu'il est authentique et écrit librement, par une personne jouissant de toutes ses facultés mentales, doit être respecté à la lettre par les héritiers. Il ne s'agit pas là d'une simple obligation morale, mais bien d'une obligation légale, qui découle d'une loi de 1887 qui dit que "toute personne en état de tester peut régler l'ensemble de ses funérailles de son vivant et comme elle le souhaite, l'expression de sa volonté ayant une valeur testamentaire".

Le choix du mode d'inhumation

Lorsqu'on meurt, on est généralement transporté dans un funérarium, que l'on appelle également athanée. C'est à cet endroit que la famille et les amis se recueillent et rendent un dernier hommage au défunt, avant les obsèques. Le corps peut également être conservé au domicile durant cette phase.

On peut ensuite décider d'être incinéré ou enterré, selon un rite religieux ou de façon laïque. La façon dont la cérémonie doit se dérouler peut être réglée à l'avance par le biais d'une simple discussion avec le responsable du lieu de culte. Qu'il s'agisse d'incinération ou d'inhumation, différentes options se présentent pour la dernière destination du corps ou des cendres.

Le choix du cimetière

Le choix le plus évident pour être enterré est évidemment le cimetière de la ville où l'on a vécu ses dernières années. Mais ce n'est en rien une obligation. Il est possible d'être inhumé dans le caveau familial lorsqu'il en existe un, ou d'acquérir une concession dans le cimetière de son choix, sous réserve que le maire de la ville donne son aval au préalable.

Il faut rappeler qu'un cimetière est un endroit géré par la commune où il se trouve, et qu'il se doit d'offrir un emplacement gratuit pour l'inhumation. Cependant, cette sépulture gratuite est limitée à quelques années (cinq au minimum). La concession payante peut être achetée à la place de cette sépulture gratuite, ou être acquise afin de prolonger le délai de cette sépulture existante.

La concession peut être individuelle, collective ou familiale, et porter sur une période courte (5 ans par exemple), longue (30 ans, 50 ans) ou être illimitée, selon les règles en vigueur dans la ville.

Celles-ci peuvent varier considérablement d'un lieu à un autre, notamment les tarifs et les modalités d'attribution des emplacements. Il est donc important de se renseigner en amont auprès de la ville et du cimetière.

Si la mairie décide de récupérer l'emplacement d'une sépulture qui a dépassé son terme, et dans le cas où le corps ne serait pas encore décomposé, il est transféré dans le terrain commun du cimetière. Il s'agit de la partie du terrain général que l'on surnomme parfois "carré des indigents", bien qu'il s'agisse d'une formulation obsolète.

Il faut noter que la durée de la concession court à compter de la date de son acquisition, et non à partir du décès.

Il faut donc se demander s'il est judicieux de s'occuper de cette acquisition trop longtemps à l'avance. Dans une petite ville, une concession perpétuelle coûte environ 3 000 euros, mais ce prix peut aller jusqu'à 14 000 euros dans Paris intra-muros.

Il est également possible de choisir sa pierre tombale et son épitaphe si on le souhaite, et de les faire préparer à l'avance.

La conservation ou la dispersion des cendres après la crémation

En France, plus de 30% des gens choisissent désormais la crémation. Une fois la cérémonie effectuée, il faut se poser la question de la conservation ou de la dispersion des cendres. Par défaut, en l'absence de volonté clairement exprimée, les cendres sont déposées au cimetière où se trouve le crématorium. La partie prévue à cet effet est appelée le jardin des tombes cinéraires.

En revanche, si l'intéressé en a exprimé le souhait, ses cendres peuvent être placées à un autre endroit, comme un columbarium ou un caveau de famille. Mais elles ne peuvent plus être confiées à un particulier, ni placées dans une propriété privée, comme cela était jadis autorisé.

Disperser les cendres est autorisé sous certaines conditions. Il peut s'agir d'une forêt, d'un jardin privatif, de l'océan... mais il est rigoureusement interdit de disperser les cendres d'un défunt dans les jardins publics, sur la voie publique, dans les fleuves aménagés et les rivières.

Il existe aussi des façons plus originales de traiter les cendres, de façon parfaitement légale : on peut ainsi les disperser dans un feu d'artifice, ou les placer dans une capsule en destination de l'espace, sous réserve d'avoir les moyens de ce type de fantaisie.

Les frais d'obsèques sont souvent élevés. C'est pourquoi la souscription à une assurance obsèques est recommandée.