Assurance emprunteur : la résiliation annuelle validée

Publié par le 9 novembre 2016

Hyperassur.com explique le principe de résiliation annuelle aux emprunteurs et les informe sur les bénéfices qu'ils peuvent en tirer.

Assurance emprunteur : la résiliation annuelle validée

Définitivement adopté par l'Assemblée le 8 novembre 2016, l'amendement de la loi Sapin II (modernisation de la vie économique) visant à clarifier la situation en matière de délégation d'assurance de prêt attend désormais son décret d'application. Il s'agit d'une vraie bonne nouvelle pour les emprunteurs qui jusque-là n'avaient pas pu profiter pleinement des lois Lagarde et Hamon pour obtenir les meilleures conditions sur leur assurance de crédit immobilier.

Les chiffres de l'assurance emprunteur

88 % du marché des assurances de prêt (plus de 8 milliards d'euros de cotisations sur une année) est capté par les bancassureurs.
54,3 % des banques refuseraient de traiter un dossier de crédit sans souscription du contrat d'assurance associé (source : APIC)
12 % seulement des crédits immobiliers font appel à une délégation d'assurance

Chronologie et rappel des lois relatives à l'assurance emprunteur

En 2010 la loi Lagarde instaure le principe de délégation de l'assurance emprunteur. Autrement dit, les particuliers ont la possibilité de contracter un prêt immobilier auprès d'une banque et d'assurer ce prêt chez un autre intermédiaire.
Seulement dans les faits, les organismes prêteurs sont réticents à accorder un prêt avec délégation d'assurance. Et quand ils le font, les conditions du crédit (le taux notamment) ne sont plus aussi avantageuses.

Quatre ans plus tard, la loi Hamon vient renforcer le pouvoir des consommateurs. Désormais, ils peuvent négocier leur prêt aux meilleures conditions, c'est à dire couplé à l'assurance proposée par le prêteur, mais ils disposent ensuite de 12 mois après la signature pour chercher une assurance plus intéressante ailleurs.
Une seule condition : que les garanties du nouveau contrat d'assurance soit équivalentes au contrat initial.

Toutefois la loi Hamon ne précise pas cette équivalence. Une faiblesse peut-être exploitée par des banques qui ont pu refuser des résiliations sur ce prétexte.
La fiche standardisée d'information (FSI), qui précise justement l'équivalence des garanties et imposée depuis octobre 2015 par le Comité Consultatif du Secteur Financier, n'a semble-t-il pas permis aux emprunteurs de faire valoir davantage leurs droit.

Les nouveautés apportées par la Loi Sapin II

La loi Sapin II est donc synonyme d'espoir pour tous les particuliers s'étant heurtés au refus de leur prêteur et qui pour certains sont allés jusqu'à porter l'affaire devant la justice.
L'amendement complète ainsi le code de la consommation avec cet alinéa: « Au-delà de la période de 12 mois (…) l'emprunteur peut résilier le contrat tous les ans tel que mentionné dans l'article L. 113-12 du code des assurances ou au 2e alinéa de l'article L. 221-10 du code de la mutualité (…) ».
Plus simplement, l'assurance emprunteur rejoindrait les contrats auto et habitation qu'il est possible de résilier une fois la première année d'engagement passée. Attention, l'assurance emprunteur peut-être résiliée à chaque date anniversaire, les assurances auto et MRH sont résiliables à tout moment (infra-annuelle). Même si le principe d'équivalence des garanties demeure, et devrait continuer à alimenter le contentieux entre les emprunteurs et les banques, ces dernières ne pourront plus jouer la montre.

Cette nouvelle capacité à revoir son assurance de prêt est d'autant plus pertinente dans un contexte où les taux des emprunts sont historiquement bas (1,41 % en moyenne selon l'Observatoire Crédit Logement). Avec des crédits aussi « peu chers », l'assurance n'a jamais été aussi importante dans le coût global d'un crédit.

Grâce à la loi Sapin II, les particuliers ne vont plus être contraints de se concentrer uniquement sur le taux du crédit. Ils conservent toute leur liberté de négocier leur prêt au meilleur taux et ensuite prendre le temps de chercher une assurance moins chère sans craindre un refus de la banque.

« En sortant des contrats groupe proposés par les banques, les emprunteurs peuvent potentiellement diviser par cinq le coût de leur assurance. Et l'expérience nous apprend qu'en comparant les offres des assureurs, les particuliers ne se dirigent pas vers les prix les plus bas mais privilégient majoritairement les offres avec le bon rapport prix-protection », explique Jérôme Chasques, Directeur Général de Hyperassur.com