Assurance emprunteur : vivement la réforme !

Assurance emprunteur : vivement la réforme !

Publié par le 22 avril 2010

Deux études à ce sujet sont alarmantes. Bien que primordiale dans le coût total d'un crédit immobilier, l'assurance est souvent négligée par les emprunteurs.

A l'heure où la réforme sur le crédit à la consommation est en passe d'être adoptée, Christine Lagarde peut d'ores et déjà prévoir un effort pédagogique sur le volet concernant l'assurance emprunteur, exigée par les banques avant d'accorder un prêt immobilier.

Du côté des emprunteurs comme des banques, l'objectif de sa réforme n'est pas vraiment intégré, comme le prouvent deux études publiées par deux comparateurs d'assurances en ligne : Hyperassur et Assurland.

Le taux ne fait pas tout

Commençons par rappeler les principales lignes de la réforme, dont le but est d'introduire une plus grande concurrence. Car les établissements bancaires incitent à souscrire leur assurance décès invalidité « maison », voire l'imposent dans 35,5 % des cas, selon Assurland. Depuis juillet 2009, déjà, les banques sont tenues de délivrer à l'emprunteur une fiche d'information listant les coûts de chaque élément composant le crédit immobilier. Une bonne façon de voir que le taux ne fait pas tout : 0,1 point d'écart sur l'assurance peut représenter jusqu'à 0,2 point sur le taux nominal. Pourtant, selon Assurland, à peine 47,9 % des emprunteurs ont reçu cette fiche. Et, d'après Hyperassur, 37 % d'entre eux préfèrent souscrire les yeux fermés le contrat de leur banque. Dommage pour eux... La réforme obligera dès cette année les établissements à accepter la délégation d'assurance, sauf à motiver par écrit leur refus, et à condition que les garanties soient moindres chez le contrat concurrent.

Reste que les 31,5 % des emprunteurs qui, d'après Assurland, n'ont pas fait le tour du marché devront faire un effort s'ils souhaitent faire des économies. Le conseiller bancaire le proposera rarement spontanément. La donne devrait rapidement changer : 42 % des Français ignoraient que l'assurance emprunteur était négociable, et 51 % compte bien comparer les prix.