Comment les comparateurs pourraient enfin s’imposer

Comment les comparateurs pourraient enfin s’imposer

Publié par le 26 septembre 2013

En treize ans, le marché n'a toujours pas explosé en France. La résiliation des contrats à tout moment devrait favoriser son essor.

Lancé par Assurland au début des années 2000, le marché de la comparaison d'assurances n'a toujours pas pris son plein essor en France. Il n'en suscite pas moins de vifs espoirs à en juger par les dépenses marketing colossales investies par LesFurets.com et LeLynx.fr pour installer leurs marques, par l'acquisition cet été des sites KelAssur et DevisMutuelle par BlackFin Assurance Comparateurs, et surtout par l'arrivée de Google fin juillet. «Quand une marque aussi forte que Google s'engage, c'est un signe qui prouve qu'il y a un besoin et une demande?», estime Hamid Benamara, le directeur général de LesFurets.com, qui réalise 200.000 devis par mois et revendique 20?% de part de marché de la comparaison des assurances automobiles.

«?D'après nos estimations, le marché progresse de 15 à 20?% par an, ce qui n'est pas un taux de croissance si élevé que cela pour Internet?», avance Stanislas di Vittorio, président fondateur d'Assurland. Les différents protagonistes gardant jalousement secrets leurs chiffres, il est très difficile de se faire une idée précise de la taille de ce secteur. Certains s'accordent à dire qu'environ 10?% des affaires nouvelles réalisées en assurance auto transitent par un comparateur. «?A horizon de cinq ans, on peut raisonnablement penser que la part des affaires nouvelles qui passera par les comparateurs sera de l'ordre de 25 à 30?%?», anticipe Tanguy Thévenet, le directeur général d'Hyperassur. «?Il y a une potentialité de croissance assez importante?», veut croire Jérôme Chasques, directeur général de BlackFin Assurance Comparateurs, qui n'exclut pas de réaliser d'autres acquisitions.

Cet optimisme est évidemment renforcé par la loi Hamon, qui va permettre aux consommateurs de résilier leur contrat d'assurance à tout moment au bout de douze mois d'engagement. «?Cela créera un vrai appel d'air, même si je ne crois pas que cela va complètement bouleverser le marché de l'assurance?», estime Martin Coriat, le directeur général de LeLynx.fr. «?La loi Hamon sera évidemment positive pour nous. Mais il faut aussi bien voir que les comparateurs sont utilisés actuellement par des personnes qui ont eu une expérience malheureuse avec leur assureur, ou qui, pour une raison X ou Y veulent en changer. Il faut donc qu'il y ait aussi un changement des mentalités?», insiste Stanislas di Vittorio.

Autre impératif pour les comparateurs, ils devront présenter une offre plus fournie afin d'attirer le chaland et d'être encore plus crédibles. Aujourd'hui, leurs panels sont très loin d'être représentatifs. Assurland compare 56 assureurs, LeLynx.fr une cinquantaine et LesFurets.com plus de 40. Là où le bât blesse, c'est que les grandes marques d'assurance ne sont - à de rares exceptions près - pas encore présentes sur ces sites. «?Il faut que les comparateurs trouvent un modus vivendi avec les grands assureurs pour que ceux-ci voient un intérêt à s'y faire référencer. Cela légitimera encore plus ce canal de distribution?», estime Stanislas di Vittorio. Du côté de LesFurets.com, Hamid Benamara indique, lui, être «?en discussions avancées avec des opérateurs mutualistes et des bancassureurs?».