50 ans de contraception. Le point sur les méthodes et les remboursements

Publié par le 9 février 2017

Il y a 50 ans aujourd'hui, le sénateur Lucien Neuwirth parvenait à faire voter son projet de légalisation de la contraception. Un demi-siècle plus tard, la pilule reste le contraceptif le plus utilisé par les femmes françaises mais d'autres techniques progressent, notamment chez les plus jeunes. On fait le point sur l'offre contraceptive et sur les remboursements. 

50 ans de contraception. Le point sur les méthodes et les remboursements

Entre 10 et 15 %, ce serait le recul dans l'utilisation de la pilule contraceptive chez les femmes dans l'hexagone depuis 2000. Elle reste la méthode la plus prisée - selon l'INED, elles sont désormais autour de 33 % à la prendre - mais sa part de marché ne cesse de faiblir. Il faut dire que les risques cardio-vasculaires révélés en 2013 à propos des pilules de 3ème et 4ème générations, ainsi que les nombreux témoignages de dérèglements hormonaux, n'ont pas joué en sa faveur.
A tel point que les plus jeunes sont de moins en moins nombreuses à la demander et souhaitent essayer d'autres dispositifs, tel le stérilet qui serait utilisé désormais par près d'une femme sur cinq.


Cliquez ici pour comparer les assurances santé

L'offre contraceptive en France, son coût par méthode et les remboursements par la Sécurité sociale

  • La pilule contraceptive (de 2€ à 15 €/mois) : Elle doit être délivrée sur ordonnance par le médecin traitant, un gynécologue ou une sage-femme pour une période d'un an. La pilule est remboursée à hauteur de 65 % (1ère et 2ème générations).
    L'immense majorité des assurances santé complémentaires complète à 100 % le reste à charge pour la patiente. Dans le cas de certaines pilules moins ou pas remboursées (y compris pour les méthodes contraceptives non prises en charge) par l'Assurance maladie, là encore l'immense majorité des complémentaires propose un forfait annuelle d'aide à la contraception.
    Il est à noter que la contraception est gratuite et protégée par le secret pour les jeunes filles mineures d'au moins 15 ans. Elles peuvent disposer d'une consultation annuelle gratuite et n'ont pas d'avance de frais à faire pour obtenir leur contraceptif. (gratuité sans condition d'âge dans les CPEF).

  • Le dispositif intra-utérin (DIU) ou stérilet : efficace entre 4 et 10 ans, suivant son type (en cuivre ou hormonal), son coût varie de 30 € à 130 € en moyenne.
    Posé par un médecin traitant, un gynécologue ou une sage-femme, sa pose et sa dépose durent seulement quelques minutes. Ses conditions de remboursements, sont identiques à la pilule, tout comme son efficacité théorique.

  • Le patch contraceptif (environ 15 €/mois) : Il s'agit d'un patch hormonal à se coller soi-même sur la peau, il est efficace 1 semaine et doit être renouvelé 3 fois par mois. Sa prescription se fait sur ordonnance, son efficacité est aussi excellente mais la Sécurité sociale ne prévoit aucune prise en charge.

  • L'anneau vaginal (environ 16 €/mois) : à disposer soi-même dans le vagin pour une période de 3 semaines par mois. Tout comme le patch, il reste efficace pendant la quatrième semaine du mois et tout comme le patch il ne bénéficie d'aucune prise en charge. Son efficacité reste malgré tout excellente, supérieure à 95 %.

  • L'implant contraceptif : Il s'agit d'un micro-cylindre implanté sous la peau via une anesthésie locale et ce pour une durée de 3 ans. Il s'agit là encore d'une contraception hormonale, aussi efficace que les autres et certainement plus pratique. Son coût : autour de 110 € que la sécurité sociale rembourse à 65 %.

  • Le diaphragme et cape cervicale : ce sont des petits dispositifs réutilisables en silicone à disposer soi-même dans le vagin en prévision d'un rapport sexuel et qui peuvent rester en place quelques heures. Leur taux d'efficacité est plus faible, autour de 90 %, leur coût est élevé (entre 40 à 70 €) et leur remboursement quasi-inexistant (seulement 3,14 € pour le diaphragme).

  • Les préservatifs : masculins (moins de 1€) ou féminins (autour de 7 €) sont les contraceptifs les plus faciles d'accès (sans ordonnance, en vente dans le commerce), les plus simples à utiliser, parmi les plus efficaces et ils permettent également de se protéger contre les maladies et infections sexuellement transmissibles. Ils ne sont pas remboursés.

  • Le retrait ou abstinence périodique : ces méthodes dites « naturelles », qui consistent à se retirer avant éjaculation ou à éviter les rapports pendant les périodes de fécondité, séduisent de plus en plus mais leur efficacité n'est pas prouvée et elles sont contraignantes.

Enfin, quel que soit la méthode envisagée il est conseillé d'avoir un avis médical car toutes les contraceptions ne sont adaptées à toutes les femmes, à tous les âges et à tous les modes de vie. Il est préférable de consulter son médecin traitant, un gynécologue (accès direct) ou une sage-femme (accès direct) pour un examen pré-contraceptif et pour obtenir une prescription. Dans tous les cas, la sécurité sociale prendra en charge 70 % de la consultation.