Affaire Médiator : encore une déception

Publié par le 4 octobre 2012

Un nouveau chapitre dans l'affaire du Médiator est en train de se dérouler. Le dénouement est loin d'être joyeux, puisque les victimes du médicament ne seront pas toutes indemnisées.

Affaire Médiator : encore une déception
Sur 563 dossiers examinés par l'Office d'indemnisation des accidents médicaux (Oniam), seuls 20 ont reçu un avis positif. Les experts n'ont trouvé aucune causalité entre les maladies et le médicament pour les autres victimes. Pourtant, le Médiator, antidiabétique des laboratoires Servier prescrit d'avantage comme coupe faim durant des années, était suspecté d'être à l'origine d'au moins 500 décès et de milliers de problèmes cardiaques chez ses consommateurs.

Les réactions ont été vives faces à cette expertise, surtout du côté de l'association de victimes du Médiator (Avim) Les victimes devaient prouver qu'elles ne prenaient pas de traitement anti-migraine ou qu'elles n'avaient pas de problèmes cardiaques avant le traitement. Chose impossible trente ans après les débuts de l'affaire. Pas de surprise cependant pour le docteur Dominique-Michel Courtois, président de l'association : Servier n'allait certainement pas indemniser de bon cœur toutes ses victimes. Il rappelle également que les personnes désirant que justice soit faite ont deux mois pour faire appel.  Xavier Bertrand, ministre de la santé de l'époque du scandale a également réagi face à cette étude, et a proclamé que « le doute doit bénéficier au patient ».

Fort heureusement, les experts judiciaires auront aussi leur mot à dire et on espère que leurs conclusions seront différentes de celles de l'Oniam qui, selon le docteur Courtois seraient « influencée par la machine de guerre de Servier ».

On attend donc le dénouement de ce procès pour tromperie qui dure depuis 2009, et qui ne cesse d'être reporté. Servier est par ailleurs aussi accusé d'escroquerie à l'assurance maladie et à la mutuelle santé, procès également en attente. Les 7500 malades qui ont déposé un dossier vivent donc depuis tout ce temps dans l'angoisse de ne jamais être indemnisés.