Arrêts de travail : un sur cinq est abusif

Publié par le 8 décembre 2010 Arrêts de travail : un sur cinq est abusif

La Caisse primaire d'assurance maladie de l'Oise (CPAM) a lancé une campagne de communication contre « les arrêts de travail abusifs ». Et pour cause : dans ce département les arrêts de travail abusifs sont en augmentation de 3% sur la période 2009-2010, atteignant même 5% de hausse sur le mois de septembre.

« Aujourd'hui, on peut dire qu'un arrêt de travail contrôlé sur cinq est abusif, déplore Jean-Noël Bellier, sous-directeur de la CPAM Oise. Les assurés regardent leurs droits, mais oublient souvent qu'ils ont des devoirs. Ils n'envoient pas leurs arrêts de travail dans les 48 heures, ne sont pas présents à leur domicile aux heures indiquées sur l'arrêt (de 9 heures à 11 heures et de 14 heures à 16 heures) ou ne font pas prolonger leur arrêt par le même médecin. Or, la CPAM Oise dépense en indemnités journalières 7 millions d'euros par jour et on arrive à un total de 1,8 milliard d'euros par an. »

Les professionnels de santé aussi visés

Mais les usagers ne sont pas les seuls à être visés par cette campagne. Certains professionnels sont parfois complices de cette fraude.

« Nous avons rencontré les médecins pour les sensibiliser afin d'arriver à une meilleure maîtrise des dépenses, explique Jean-Noël Bellier. Il faut savoir que plus un arrêt de travail se prolonge, plus le retour au travail est difficile. Nous les aidons en préconisant des durées d'arrêt idéales selon certaines maladies.

Pour les professionnels de santé qui auraient tendance à donner des arrêts de travail de façon trop généreuse, nous avons des entretiens d'alerte, durant lesquels ces médecins s'engagent à diminuer la prescription d'arrêts de travail. L'étape suivante est la mise sous accord préalable.

Dans ce cas-là, les médecins doivent demander l'aval du service médical de la CPAM avant de prescrire un arrêt maladie. C'est arrivé dans d'autres départements et les résultats ont été significatifs puisqu'il y a eu des diminutions allant de 30% à 50%. »