Baisse inédite de la masse salariale, première recette de la Sécu

Publié par le 12 mars 2010 Baisse inédite de la masse salariale, première recette de la Sécu

La masse salariale du secteur privé affiche une baisse inédite de 1,3% en 2009, du jamais vu depuis l'après-guerre, a annoncé jeudi 11 mars l'Agence centrale des organismes de Sécurité sociale (Acoss). Selon les statistiques de l'Insee, la masse salariale n'avait jamais baissé depuis 1949, date de création de l'institut de statistiques, à l'exception d'un trimestre en raison des grèves de 1968.

Le recul de la masse salariale est dû principalement à la disparition d'emplois salariés mais aussi à la hausse du chômage partiel et à la diminution des heures supplémentaires. Elle est la principale cause du creusement sans précédent du déficit du régime général (salariés) de la Sécurité sociale, la baisse d'un point de pourcentage de la masse salariale équivalant à deux milliards d'euros de recettes perdues par la Sécu.

Les prévisions de l'Acoss établies en octobre étaient néanmoins plus pessimistes et tablaient sur une baisse de -2,1% voire -2,5% en 2009. Après quatre trimestres consécutifs de baisse, la masse salariale s'est stabilisée au quatrième trimestre 2009 ((+0,1% sur un trimestre, après -0,2% au 2ème et 3ème trimestre et -1,1% au 1er trimestre).

Impact de l'indemnisation du chômage partiel

La masse salariale dépend du nombre d'emplois, mais aussi du niveau des salaires et primes. En 2009, le salaire moyen par tête (SMPT) a connu un rythme de hausse qualifié par l'Acoss de "très modéré par rapport aux années précédentes" (+1,2% au 4ème trimestre sur un an, contre environ 2,5%).

L'indemnité de chômage partiel, à la différence du salaire, est exonérée de cotisations patronales (mais pas de la CSG) ce qui fait perdre beaucoup de recettes à la Sécu. Or, au quatrième trimestre 2009, 144.000 personnes ont été placées en chômage partiel, après 156.000 au troisième, 245.000 au deuxième, 211.000 au premier, selon l'Insee.

La baisse de la masse salariale tient aussi, note l'Acoss, à "la diminution des heures supplémentaires". Les heures supplémentaires sont encouragées par le gouvernement et continuent de bénéficier d'exonérations sociales et fiscales que Martine Aubry a promis mercredi d'abolir si le PS revient au pouvoir en 2012.

Les dernières prévisions officielles tablent sur un "trou" de Sécu de 23,5 milliards d'euros pour 2009.

(AFP)