Cumul emploi-retraite : quelle mutuelle ?

Publié par le 7 mars 2016

On constate que de plus en plus de seniors continuent à exercer une activité professionnelle après avoir dépassé l'âge de la retraite, ils sont d'ailleurs près de 400 000 chaque année à reprendre une activité. Pour certains, c'est un choix délibéré conduit par la volonté de repousser de quelques années l'échéance. Pour d'autres, c'est plutôt la perspective d'une retraite insuffisante qui dictera leur projet. La nature même du cumul emploi-retraite devra être prise en considération au moment où il va s'agir d'opter pour la mutuelle la plus appropriée à la situation de l'assuré concerné.

Cumul emploi-retraite : quelle mutuelle ?

Cumul emploi-retraite : comment choisir une mutuelle adaptée ?

La situation la plus courante est celle du retraité qui poursuit une activité salariée. Or, à cet égard, il faut savoir que toute entreprise, depuis le 1er janvier 2016, a l'obligation de proposer à ses salariés la souscription à une mutuelle, selon les règles définies par la loi ANI, et en particulier avec une participation de l'employeur d'au moins 50 % sur le montant de la cotisation.

Et cette nouvelle disposition concerne également le personnel en situation de cumul emploi-retraite. Reste à vérifier que les prestations couvertes et leur niveau de prise en charge soient adaptés. Mais rien n'empêche d'étudier une offre de mutuelle senior plus appropriée. Elle devra cependant être assumée alors en totalité par l'assuré. Pour en savoir plus les garanties, les avantages et sur comment choisir une bonne mutuelle spécial sénior, actif ou retraité

Salarié ou indépendant : continuer à travailler tout en étant protégé

Qu'il ait ou non connu cette situation par le passé, notre senior peut très bien être amené à exercer sa nouvelle activité en tant que travailleur non salarié (TNS). Or, depuis 1994, la loi Madelin facilite l'accès à une mutuelle. Elle lui offre en effet la possibilité d'une déduction fiscale de ses cotisations pour des contrats de prévoyance et de mutuelle Madelin - c'est-à-dire répondant à certains critères d'éligibilité pour être jugée conforme à la loi. Dans ce cadre, libre au travailleur indépendant de choisir la mutuelle qui lui conviendra, selon les types de couverture qu'il souhaitera privilégier et leur niveau de prise en charge.

Il faut cependant relever du régime fiscal dit du réel ou du réel simplifié. En clair, cela exclut l'auto-entrepreneur. Pour autant, ce dernier pourra toujours choisir d'autres formules qui resteront adaptées aux attentes des TNS. L'application de la loi Madelin concerne également le TNS en situation de cumul emploi-retraite, dès lors qu'il se trouve à jour de ses cotisations obligatoires d'assurance maladie et de vieillesse.

Le cumul emploi-retraite : quel régime ? quel niveau de revenus ?

Pour bénéficier du régime de base à taux plein, il faut être âgé d'au moins 67 ans pour une personne née après 1955, entre 65 et 67 si elle est née avant. Cet âge peut être abaissé à 62 ans dès lors que l'on a atteint la durée légale de cotisation, c'est-à-dire entre 160 et 172 trimestres, selon son année de naissance.

Le régime total « inter-régimes » concerne les personnes ajoutant à leur pension de retraite complète un revenu d'activité qui relève d'un régime de retraite différent. Par exemple, le retraité relève du régime général des salariés du privé et perçoit une rémunération complémentaire d'une activité d'indépendant. Ou encore, le retraité touche une pension de fonctionnaire avec un salaire pour un contrat de droit privé.

On parle d'un régime total « intra-régime » lorsque la pension de retraite et la rémunération complémentaire relèvent du même régime de retraite. Mais pour bénéficier de la totalité de ses revenus, sans restriction, il faut alors obligatoirement remplir les conditions d'âge ou de cotisation précédemment évoquées. A contrario, on parle de régime restreint lorsque vous ne remplissez pas les conditions du taux plein au moment où vous décidez de partir à la retraite. La reprise d'activité est possible mais le revenu qui en découle est soumis à un plafond qui dépend du régime.

Un système intermédiaire : la retraite progressive

Elle concerne salariés et indépendants quel que soit le régime dont ils dépendent. Elle permet, dès lors que la personne concernée est âgée d'au moins 60 ans avec un minimum de 150 trimestres de cotisation, d'exercer une activité rémunérée à temps partiel, tout en percevant une partie de sa retraite. Contrairement aux autres situations évoquées, elle permet de continuer à acquérir des droits pour la retraite. Il est même possible de "surcotiser" et donc de continuer à cotiser comme si on exerçait encore une activité à temps plein.