Des hausses importantes des tarifs d'assurance sont à prévoir en 2012

Des hausses importantes des tarifs d'assurance sont à prévoir en 2012

Publié par le 29 juillet 2010

Le cabinet de conseil facts&Figures estime la tendance a +8 % pour l'habitation, + 7% pour la santé.

En 2012, les tarifs d'assurance continueront d'augmenter. La tendance serait de 3% pour l'automobile, de 5% a 7% pour la multirisque habitation et de 5% pour la santé individuelle, a indiqué Cyrille Chartier-Kastler, président du cabinet de conseil facts & figures, lors de la présentation de son étude annuelle sur les groupes d'assurances en France. Ces tendances sont à comparer à des relèvements 2011 de 2% pour l'automobile, d'environ 8% pour l'habitation, et aux alentours de 7% pour la santé individuelle. «Nous sommes dans un contexte de hausse. Elle sera plus forte pour l'auto qu'en 2011 et un peu moins forte pour la multirisque habitation et la sante individuelle», souligne M. chartier-kastler. Ces prévisions interviennent très en amont des décisions, les assureurs commençant à donner des indications sur leurs prix à l'automne. Contactés, la MAAF, la GMF, MMA et Groupama ont affirmé qu'il était trop tôt pour donner une estimation. Stanislas di vittorio, fondateur d'assurland, un site de comparaison de prix sur internet, estime aussi que des hausses sont à venir. Il est néanmoins plus nuancé sur l'évolution des tarifs de l'assurance auto. Après le pic des hausses du 1er janvier et du 1er avril, périodes des renouvellements de contrats, «c'est plutôt plat», indique-t-il. «Je table plus sur une évolution de o % a 1%, voire 2% en ligne avec l'inflation », prédit-il. «Nous sommes dans une situation paradoxale, avec plus de morts sur les routes et un coût global des sinistres qui a tendance a être contenu», explique-t-il. Cependant, les prix de réparation des véhicules augmentent rapidement, notamment ceux des pièces détachées. Les relèvements de tarifs observés dans l'assurance auto depuis 2009 sont, paradoxalement, le résultat d'une concurrence accrue : entre 2005 et 2009, cette guerre a conduit à des baisses de tarifs, période durant laquelle, selon M. Chartier-Kastler, « le secteur a dégradé sa rentabilité ». Le mouvement inverse actuel est cependant contenu, car «l'automobile, tout comme l'habitation, est plutôt un produit d'appel», souligne M. Di Vittorio.

Les marges y sont donc faibles. C’est pour cela aussi que, en habitation, la politique de relèvement de tarifs «sera plus guidée par un souci de fidélisation du client que par des critères techniques, ajoute-t-il, et ce ne sera pas forcement suffisant» pour reconstituer des marges importantes. Hors tempêtes, inondations ou ouragans d'ici à la fin de l'année, un relèvement de 7% est envisage. « On se focalise sur les catastrophes naturelles pour expliquer les hausses, mais ce n'est pas l'unique raison», explique-t-il. «Nous assistons à une multiplication des petits dégâts des eaux, des vols et des incendies. »

C'est toujours vers la santé que les préoccupations sont les plus fortes, avec des hausses permanentes, en raison, notamment, de l'allongement de la durée de la vie et des coûts de soins de plus en plus élevés. « L'évolution est tributaire de l'environnement réglementaire et des décisions de l'état de dérembourser les médicaments », rappelle Tanguy Thévenet, directeur général d'Hyperassur.com, un comparateur d'assurances sur Internet. Il insiste sur« le mécanisme de vases communicants entre la sécurité sociale et les ménages que provoquent les déremboursements ». Si une hausse de 5% est envisagée par M. Chartier-Kastler pour les contrats de santé individuels, elle serait plus élevée pour les contrats collectifs, de 8% à 10 %, ceux-ci devant intégrer les compléments de financement dus au rallongement de la durée du travail.

 « Toute la question est de savoir jusqu'à quel niveau ces hausses, qui vont se répercuter sur le budget des ménages, vont être supportables, s'interroge le patron de facts&Figures. La question, c'est le point de rupture. » Selon lui, les assureurs doivent adapter leurs offres. Aujourd'hui, pour 1 euro dépensé dans une complémentaire santé, l'assuré touche 50 centimes de remboursement. Le reste se répartit entre les taxes (10 centimes), la rémunération des intermédiaires d'assurance (20 centimes), les coûts de gestion de l'assureur (16 centimes), la mutualisation des risques (2 centimes) et la marge de l'assureur (2 centimes).

« Rééquilibrer le système»

«On a l'impression que tout le monde trouve normal que les tarifs augmentent», critique Reine-Claude Mader, présidente de l'association consommation, logement et cadre de vie (CLCV). «Je constate que les résultats globaux des compagnies d'assurances sont plutôt bons, donc s'ils se plaignent de perdre de l'argent dans une branche d'activité, ils doivent en gagner dans une autre», dit-elle. Plutôt que de raisonner par branche (auto, multirisque habitation, santé...), Mme Mader propose une mutualisation. «Il faut rééquilibrer le système, sinon les gens vont se désassurer », s'inquiète-telle. À chaque hausse déjà, certains, faute de moyens, renoncent à s'assurer. Il faudra attendre la rentrée pour connaitre les premières tendances. «Les compagnies annoncent d'autant plus vite leurs nouveaux tarifs que les augmentations sont faibles ou nulles, et elles préfèrent être dans les dernières quand les relèvements sont plus importants pour passer après les autres», relève M. Di Vittorio. Un exercice appelé à se renouveler, car, prévient M. Thévenet, « la hausse se poursuivra au-delà de 2012 pendants au moins un an, voire deux».