Greffe de rein : moins chère que la dialyse mais les donneurs manquent

Publié par le 10 mars 2010 Greffe de rein : moins chère que la dialyse mais les donneurs manquent

La Journée mondiale du rein se tiendra ce jeudi 11 mars. A cette occasion, les spécialistes rappellent que les dialyses, en comparaison des greffes de rein, entraînent de très fortes dépenses de la Caisse nationale d'assurance-maladie.


La transplantation rénale est, de loin, la plus fréquente des greffes d'organes, puisqu'elle représente environ la moitié des interventions de greffe. Réalisée chez les personnes en insuffisance rénale terminale (5000 nouveaux cas chaque année), le coût des greffes à de plus l'avantage d'être nettement moins important que celui de la dialyse.

La facture annuelle d'une dialyse est de 70.000 euros, une greffe de rein coûte environ 46.000 euros la première année puis 7.600 euros les années suivantes. En 2007, 82% des dépenses consacrées au traitement de l'insuffisance rénale ont été consacrées à la dialyse, contre 18% pour les greffes, soit au total une dépense d'environ 4 milliards d'euros (2 % du budget de l'assurance-maladie). Augmenter le nombre de greffés permettrait donc à l'assurance-maladie de réaliser de fortes économies. D'autant plus que l'on dénombre 8 000 nouveaux dialysés chaque année en France.

Pénurie d'organes

Seul hic a cette économie supposée : la France se caractérise par une véritable pénurie d'organes dans ce domaine. Seulement un tiers des patients en attente de rein réussissent à être greffés, déplore Xavier Martin, selon lequel 10 % des greffes se font à partir de donneurs vivants, contre 50 % aux Etats-Unis.

Un constat amer, qui pourrait être amené à changer avec l'avènement d'une nouvelle technique de prélèvement. L'équipe d'urologie et de chirurgie de la transplantation de l'hôpital Edouard Herriot de Lyon a en effet annoncé cette semaine avoir réussi à prélever un rein par le nombril en vue d'une greffe.

Issue d'une technique américaine, cette première européenne, « présente l'avantage de ne pratiquement pas laisser de cicatrice sur le donneur et de permettre une convalescence très rapide », indique le professeur Xavier Martin, qui a dirigé l'équipe lors de l'opération intervenue le 1er février dernier. Ce type d'intervention pourrait ainsi amener davantage de personnes à recourir au don de rein en améliorant le confort du donneur.