Les 26 Agences Régionales de Santé ont ouvert leurs portes

Publié par le 2 avril 2010

Les Agences Régionales de Santé ont officiellement été lancées jeudi 1er avril. Au nombre de 26, ces nouvelles entités administratives ont pour vocation de décloisonner et « territorialiser » les politiques de santé pour mieux adapter les réponses aux spécificités et aux besoins locaux, améliorer la répartition territoriale de l'offre de soins et lutter contre les inégalités territoriales de santé.

Les 26 Agences Régionales de Santé ont ouvert leurs portes

Sur le plan administratif, les ARS vont aspirer des organismes déjà existants, à savoir les Agences régionales de l'hospitalisation (ARH), les Missions régionales de santé (MRS), les Unions régionales des caisses d'assurance maladie (Urcam) et les Groupements régionaux de santé publique (GRSP).

Elles vont aussi absorber une partie des directions régionales et départementales des affaires sanitaires et sociales (DRASS et DDASS) et des caisses régionales d'assurance maladie et emploieront à terme de l'ordre de 9 500 personnes, dont environ 7 800 fonctionnaires et agents contractuels de droit public et environ 1 700 agents de droit privé soumis à la convention collective des personnels des organismes de sécurité sociale.

Le budget attribué pour 2010 est de l'ordre de 40 millions d'euros en moyenne par ARS. Il est constitué d'une subvention de l'État et d'une contribution de l'assurance maladie.

Profil des nouveaux « pilotes » régionaux

Les directeurs choisis par le gouvernement pour piloter les ARS, qualifiés par certains à des « préfets de la santé », ont été recrutés dans la haute fonction publique, mais aussi dans le privé et le monde médical. Parmi les plus connus figurent l'ancien ministre socialiste Claude Evin (pour l'ARS d'Île-de-France) et l'ancien directeur général de la Mutualité  française (pour l'ARS du Nord-Pas-de-Calais) Daniel Lenoir.

Opinions partagées des professionnels

Si pour Roselyne Bachelot, « les ARS corrigent les deux principaux défauts de notre système de santé : sa gestion trop cloisonnée et une excessive centralisation », du côté des professionnels et des syndicats, les opinions sont assez partagées.

Ainsi, la CGT y voit l'outil d'une « maîtrise purement comptable des dépenses de santé ». Dans un communiqué, le syndicat juge notamment que « l'administration se met en ordre de marche pour fermer des services et supprimer des milliers de lits dans les établissements de santé ». Le Medef y voit, pour sa part, la volonté de centralisation, une logique mise en oeuvre depuis une vingtaine d'années.

Pour la secrétaire générale de la fédération Santé-Sociaux de la CFDT, Nathalie Canieux, « c'est un outil intéressant. Après, tout dépend comment on s'en sert ». Mais elle estime que la « mise en place est un petit peu précipitée puisqu'il s'agit d'une réforme très lourde qui vise à regrouper santé et médico-social ».

L'urgentiste Patrick Pelloux évoque quant à lui une « immense usine à gaz ».