Les comparateurs d'assurances doivent encore convaincre de leur fiabilité

Les comparateurs d'assurances doivent encore convaincre de leur fiabilité

Publié par le 12 avril 2011

Les comparateurs d'assurances ont conquis le Royaume-Uni, où ils génèrent plus de la moitié des affaires nouvelles en automobile. Le marché français se montre, lui, nettement plus frileux. D'après un sondage IFOP commandé par Direct Assurance le mois dernier, 34 % des « cyberconsommateurs » français consultent des comparateurs en ligne avant d'acheter une assurance, contre 83 % pour les produits high-tech et 73 % pour les billets d'avion.

En effet, 29 % seulement des internautes interrogés déclarent faire confiance aux comparateurs d'assurances de mutuelles ou de banques, contre 55 % pour les autres secteurs. Cette méfiance s'explique par le sentiment que les comparateurs manquent d'exhaustivité dans leur restitution des offres et d'indépendance par rapport aux assureurs.

Test du client mystère

Premier reproche : les liens capitalistiques entre comparateurs et compagnies d'assurances. C'est le cas, notamment, des trois principaux acteurs du marché: Assurland est contrôlé par Covéa, Hyperassur par Aviva et Lelynx par le Britannique Ad- infra. Mais cette situation n'a rien d'exceptionnel. Au Royaume-Uni, les principaux comparateurs sont liés à des assureurs et cela n'a pas freiné leur développement.

En effet, un comparateur qui avantagerait les offres de son actionnaire jouerait un jeu dangereux : « Notre développement dépend de nos bonnes relations avec les assureurs, qui surveillent de près leur position dans les pages de résultat », souligne Tanguy Thévenet, directeur général d'Hyperassur. «Un comparateur qui favorise ses actionnaires, cela se voit », renchérit un spécialiste de l'assurance directe. Conscient des suspicions liées à ce mélange des genres, Stanislas Di Vittorio, fondateur d'Assurland, a l'intention de recouvrer son indépendance sous peu, en introduisant sa société en Bourse, voire en remplaçant Covéa à son tour de table par des fonds d'investissement.

Un autre frein mis en avant par les internautes est le manque d'exhaustivité des comparateurs. « Avec 56 partenaires, nous ne sommes certes pas exhaustifs, mais nous disposons du panel le plus complet », se défend Stanislas Di Vittorio, à la tête dAssurland, qui détient selon lui 80 % de parts de marché. « Nous affichons toutes les offres de nos partenaires assureurs, classées par prix, il n'y a donc pas de place pour la triche », ajoute Martin Coriat, directeur général de Lelynx.fr.

En fait, la fiabilité des comparateurs est vérifiée… par les assureurs eux-mêmes ! Ils testent en effet ces sites de façon régulière, par exemple en ayant recours à la méthode du « client mystère » pour vérifier que leurs offres sont bien restituées et que tel ou tel concurrent n'est pas favorisé. Plus radical, le Danemark a adopté un système dans lequel il n'y a qu'un seul comparateur, sur lequel tous les acteurs du marché doivent figurer.