Les médecins généralistes appelés à la grève ce jeudi

Publié par le 11 mars 2010 Les médecins généralistes appelés à la grève ce jeudi

Les médecins généralistes libéraux (de secteur 1) sont appelés à faire grève, ce jeudi, par les syndicats MG France, Union généraliste, Union collégiale et SNJMG (jeunes généralistes). Se jugeant "mal reconnus" en comparaison des médecins spécialistes, dont le prix de la consultation est plus élevé, les généralistes appellent déjà, depuis le 1er mars, à cesser de répondre au téléphone chaque jour après 19 heures.

«Nous demandons juste que la loi soit appliquée», assure Vincent Rebeillé-Borgella, secrétaire général de MG France, principal syndicat des généralistes. La loi, c'est celle de 2002, qui reconnaît aux généralistes le statut de spécialistes, leur permettant ainsi de prétendre à des honoraires plus élevés.

Les revenus des médecins généralistes sont parmi les plus faibles dans le secteur de la médecine libérale. En 2007, si le revenu net moyen des médecins libéraux (de secteur 2) s'est élevé à 7 190 euros par mois, celui des généralistes a été de 5 567 euros mensuel, selon les chiffres de la Drees. Certains praticiens estiment que le tarif actuel de 22 euros par consultation les incite à multiplier les consultations afin d'éviter une rémunération trop faible. Les généralistes français, qui gagnent en moyenne 2,6 fois le salaire moyen, sont moins bien lotis que les allemands (3,3 fois) ou les britanniques (4,2 fois), selon l'OCDE.

"France sans généralistes"
La profession est inquiète de constater la désaffection persistante des jeunes médecins pour leur discipline. Ils mettent en garde contre la chute de leurs effectifs en expliquant que, pour susciter à nouveau les vocations, leurs conditions de travail doivent s'améliorer.

Ces derniers mois, certains épisodes ont été mal vécus. L'annonce d'un prélèvement de 50 centimes par feuille de soins «papier», à partir d'avril. La possible taxe d'environ 3000 euros par an pour les généralistes de centre-ville qui refuseront, dans quelques années, d'aller régulièrement en campagne prêter main forte à leurs confrères de moins en moins nombreux. Aussi, la campagne de vaccination contre la grippe A (H1N1) en dehors des cabinets médicaux a fait déborder le vase.