Mutuelles santé low-cost : les plus, les moins, les pièges...

Mutuelles santé low-cost : les plus, les moins, les pièges...

Publié par le 12 octobre 2012

Face à des dépenses de santé moins bien prises en charge par la Sécu, les ménages réfléchissent parfois à deux fois avant de se soigner. Les mutuelles développent donc des offres moins chères, avec parfois des garanties assez proches des contrats standards. A regarder cependant de très près avant de s'engager.

Pour plus de la moitié des Français (54 %), les dépenses de santé occupent une place importante voire très importante dans leurs dépenses quotidiennes. C'est ce qui ressort du dernier baromètre sur les Français, la santé et l'argent, réalisé par LH2 pour AG2R La Mondiale. Ces dépenses, il est vrai, n'ont cessé d'augmenter ces dernières années en raison du vieillissement de la population, des avancées technologiques, mais aussi des réductions des remboursements et prestations prises en charge par la Sécu, décidées par les gouvernements successifs afin de tenter de diminuer les déficits. Toujours selon le baromètre, 84 % des Français sondés considèrent en effet que les remboursements des dépenses de santé se détériorent.

Une offre mini-budget à partir de 5 euros par mois

Et si, voici quelques années encore, les frais de santé pouvaient être intégralement remboursés grâce à une mutuelle, celles-ci sont de plus en plus rares à prendre en charge dans leur intégralité ces dépenses: « Les particuliers sont de plus en plus rares à opter pour des produits haut de gamme », déplore Marie-Pierre Lapeyre, directrice commerciale chez Smatis. Et pour cause: cela coûte 'très cher. Ce renoncement peut même aller au-delà puisqu'une partie de la population se prive de soins faute de pouvoir les financer. Pour satisfaire des budgets de plus en plus contraints, les mutuelles ont donc développé des offres dites «low cost» qui peuvent démarrer à quelques euros par mois (entre 5 euros et 11 euros) pour une personne seule. Les tarifs les plus bas du marché concernent des garanties restreintes autour de la seule hospitalisation. « Pour les tout petits budgets, nous avons monté une offre centrée uniquement sur les garanties hospitalisation, elle inclut la prise en charge des frais d'honoraires, des frais de séjour et un capital "coup dur" pour environ 11 euros par mois », détaille Ayshé Soylu, responsable marketing chez SOS Mutuelle.
Ces produits ne s'adressent en fait qu'à une partie limitée de la population. « Les mutuelles proposant uniquement des garanties en cas d'hospitalisation sont intéressantes pour les jeunes qui consultent peu de médecins, ne portent pas de lunettes et vont rarement chez un dentiste, précise Emmanuel Bruneau, marketing manager associé chez Hyperassur, Elles peuvent être rentables pour ce type d'assurés qui consomme peu de prestations de santé et qui sera couvert contre un accident nécessitant une hospitalisation ». Pour les autres cibles de clientèle, les assureurs ont conçu de nouveaux produits sans pour autant insister sur leur caractère low cost, qui en matière de santé peut parfois rebuter.

Choisir les garanties à la carte, c'est moins cher

En effet, rares sont les mutuelles qui avancent explicitement ce terme. Elles préfèrent parler de formule économique ou insister sur l'adaptabilité de leurs tarifs. Si ces mutuelles à bas prix vont au delà de la prise en charge de l'hospitalisation, elles impliquent tout de même parfois de renoncer à une partie plus ou moins importante des garanties ou à certains services. « Certaines mutuelles proposent des tarifs attractifs avec des garanties équivalentes aux contrats standards à l'exception du tiers payant », prévient Emmanuel Bruneau.
Pour diminuer la facture, les particuliers peuvent aussi choisir leurs garanties à la carte. «De nombreux courtiers en assurance proposent maintenant des garanties sur mesure, les adhérents choisissent alors un niveau de couverture adaptée à leur situation ce qui leur revient moins cher qu'un contrat standard. L'économie réalisée ainsi peut être importante, de l'ordre de 20 ou 30 euros par mois pour un célibataire ou de 30 à 40, voire plus, pour une famille. Elles sont moindres par contre pour un senior dont les besoins vont être supérieurs », observe Emmanuel Bruneau.
Cette tendance s'est imposée pour les dépenses les plus lourdes et les moins bien couvertes par la Sécurité sociale. Les mutuelles proposent en effet de plus en plus souvent des options supplémentaires, venant en plus du contrat standard, pour les frais dentaires ou pour l'optique. Plus rares, certaines mutuelles proposent de rembourser la part non consommée de leurs cotisations à leurs adhérents. « Nous avons mis au point depuis 2009 deux produits pour les adhérents individuels et un pour les familles qui mettent en réserve la moitié de la cotisation versée tous les mois. Si celle-ci n'est pas ou peu utilisée, Smatis la leur restitue à la date d'anniversaire de leur contrat», explique Marie- Pierre Lapeyre. À noter que ces produits affichent souvent des tarifs supérieurs de l'ordre de 15% à un contrat standard. S'ils rencontrent un écho certain auprès des particuliers, ceux-ci affichent tout de même encore des réticences face à ce type de contrat.
« Nous sentons bien que les clients sont à la recherche de produits d'assurance qui leur permettent d'économiser sur leur budget de santé. Cependant ils craignent parfois qu'en cas de besoin ce type de produit ne les couvre pas parfaitement, ce qui n'est pas le cas puisque les garanties sont les mêmes que sur un produit standard. En revanche, les cibles jeunes qui n'affichent pas des besoins élevés en matière de soins sont très réceptives »,  avance Marie- Pierre Lapeyre. Les particuliers peuvent également bénéficier d'un meilleur tarif en rognant sur certaines garanties. « Nous avons défini une liste  de garanties accessoires comme les chambres particulières en cas d'hospitalisation la médecine douce ou encore la parodonioloqie, celles-ci ne sont pas  accessibles dans le cadre de nos formules Éco, ce qui permet d'en réduire sensiblement le prix », précise Ayshé Soylu. Enfin, au-delà de la formule, quelques règles simples permettent de tenir son budget sans pour autant limiter ses garanties. «Il faut bien définir ses besoins de façon à être certain d'être parfaitement  couvert et comparer les prix, y compris avant chaque anniversaire du contrat de façon à changer éventuellement de prestataire », souligne Emmanuel Bruneau.  Dans cet univers foisonnant, les comparateurs de mutuelle sur internet peuvent être d'un grand secours.