Réseaux de soins mutualistes votés à l'Assemblée

Publié par le 5 décembre 2012

Ce 29 Novembre dernier, l'Assemblée Nationale a voté le texte de loi autorisant les mutuelles à conventionner des réseaux de soins. Même si elles le faisaient déjà, cette nouvelle loi confortera ces réseaux puisqu'ils étaient jusqu'à présent fragilisés par un jugement de la Cour de cassation.

Réseaux de soins mutualistes votés à l'Assemblée
L'objectif premier de cette loi est de faire baisser le prix des lunettes et des prothèses dentaires. Ces produits de santé sont en effet les plus chers, et beaucoup de Français y renoncent par manque de moyens. Comme solution, les mutuelles ont donc désormais le droit de contracter avec des dentistes, opticiens, et autres professionnels de la santé pour former des réseaux de soins conventionnés en négociant les tarifs des prestations.  Les adhérents aux réseaux s'engagent à modérer leurs prix, en échange de quoi les mutuelles incitent leurs adhérents à se rendre chez eux en leur proposant des remboursements santé plus avantageux. Ainsi, les prix des lunettes et prothèses dentaires devraient baisser de 20%, 30% ou même 40% dans les années à venir. Etienne Carniard, président de la Mutualité française déclare que «Les mutuelles sont appelées à jouer un rôle beaucoup plus important que par le passé dans la régulation des dépenses de soins de ville, avec l'objectif d'améliorer l'accès aux soins ».

Malheureusement, tous ne sont pas d'accords avec cette nouvelle loi et les promesses qu'elle doit tenir. « Les réseaux existent déjà et on en voit les effets pervers. Si les prix baissaient vraiment de 40 %, tous les opticiens feraient faillite. La réalité, c'est que le consommateur obtient un produit fabriqué à bas coût, de moins bonne qualité » affirme Stephanie Dangre, présidente de la centrale d'achat ALL regroupant 1900 opticiens. D'autres redoutent que les mutuelles ne feront qu'imposer leurs conditions sans négocier les tarifs avec les professionnels.
Le gouvernement a cependant exclu les médecins généralistes de ces réseaux. Marisol Touraine, ministre de la Santé explique que « Les tarifs des soins médicaux ne sont pas concernés » et doivent rester « déterminés au niveau national et dans un cadre conventionnel. » - « C'est une discrimination inacceptable entre les médecins et les autres libéraux de santé » lance alors Cyrille Pernot délégué général du FFMKR (Fédération française des masseurs-kinésithérapeutes rééducateurs).