Bercy s'attaque aux conditions de résiliation des contrats d'assurance

Bercy s'attaque aux conditions de résiliation des contrats d'assurance

Publié par le 12 avril 2011

La qualité des comparateurs à l'ordre du jour du CCSF

Christine Lagarde veut renforcer la qualité des comparateurs d'assurance. Elle a demandé au Comité consultatif du secteur financier (CCSF) de se saisir du sujet.

Alors qu'ils occupent une place encore modeste dans le paysage de l'assurance en France, les comparateurs sur Internet ont bénéficié hier d'un joli coup de projecteur.
En présentant les mesures qui peuvent, selon elle, renforcer la concurrence sur ce marché, Christine Lagarde leur a réservé une petite place. La ministre de l'Economie veut que les membres du Comité consultatif du secteur financier (CCSF) se mettent d'accord « pour renforcer la qualité des comparateurs, qui sont utiles pour changer d'assurance ».
« Ce sont les comparateurs qui ont contribué à desserrer l'étau pour les consommateurs », affirme Tanguy Thévenet, le directeur des opérations du comparateur Hyperassur. Pour l'heure, leur percée est restée limitée, puisqu'ils ne représentent que de 3 % à 5 % des contrats souscrits, loin du succès rencontré au Royaume-Uni, où plus de 50 % des contrats d'assurance auto sont souscrits via un « agrégateur ». Sans prétendre à une telle part de marché, certains estiment possible d'atteindre rapidement la barre des 10 % en assurance auto. « C'est un objectif réaliste et finalement pas si ambitieux que cela », commente Tanguy Thévenet, qui déplore cependant que « certains gros assureurs freinent encore des quatre fers pour mettre leurs offres sur les comparateurs ».


Niveaux de garantie
Pour Christine Lagarde, les comparaisons « ne doivent pas seulement porter sur les prix, mais aussi sur les niveaux de garantie des contrats ». Un constat auquel adhère Tanguy Thévenet : « Effectivement, certaines pratiques ne sont pas adaptées et tous les comparateurs ne travaillent pas de la même façon. » Les comparateurs se montraient en revanche plus partagés sur l'impact des mesures annoncées par la ministre en matière de délais de résiliation. « Cela va dans le sens du consommateur. Désormais, les clients resteront chez les assureurs par choix et non parce qu'ils ont oublié leur date d'échéance pour résilier», estime Stanislas Di Vittorio, le fondateur d'Assurland, qui revendique entre 75 % et 80 % du marché. Mais pour Martin Coriat, directeur général de Lelynx.fr, qui se dit « d'accord sur le constat fait par Christine Lagarde », les solutions proposées sont « insuffisantes ». Selon lui, il faudrait aller plus loin et donner la possibilité de résilier à tout moment son assurance automobile, comme le fait par exemple déjà Amaguiz, la filiale Internet de Groupama.