Pièces détachées d’occasion : la mesure qui sent bon les économies sur l’assurance

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Un décret de la loi de transition énergétique oblige désormais les garagistes à présenter deux devis à un client venu pour faire réparer sa voiture : l’un proposant le remplacement des pièces hors d’usage par des éléments neufs et un autre proposant l’utilisation de pièces d’occasion. Une amende d’au minimum 3 000 € est prévue en cas de non respect du texte.

Si le coût de la main d’œuvre, lui, reste le même, le coût des pièces détachées peut être réduit de 30 % à 70 %.
Une bonne nouvelle donc pour les automobilistes, surtout dans un contexte où leur budget auto est à la hausse avec un prix de l’essence qui grimpe, des péages de plus en plus chers et

Quel impact sur les prix de l’assurance ?

Les sinistres auto sont nombreux en France – un peu plus de 8,5 millions chaque année soit 6 % du parc automobile concerné – et ont un coût en indemnisations : 16,9 milliards d’euros soit presque 2 000 € en moyenne par sinistre.

Les assureurs pointent d’ailleurs du doigt la hausse constante du prix des pièces de rechange, et notamment le coût des éléments de carrosserie. Ils se servent, entre autres, de cet argument pour justifier de l’augmentation annuelle des primes d’assurance.

En suivant cette logique, la loi obligeant les garagistes à proposer du neuf et de l’occasion permettrait donc de faire le baisser le montant des préparations, et donc celui des cotisations.
Sur les plus de 20 milliards de cotisations auto payées en une année par les Français, une baisse de seulement 0,5 % grâce à cette mesure reviendrait à rendre aux ménages plus de 100 millions d’euros en pouvoir d’achat.

Enfin dernier impact sur le monde l’assurance, le réemploi de pièces éviterait à des milliers de véhicules, déclarés économiques irréparables (procédure VEI), de finir à la casse après un sinistre.

Il faut savoir que le parc automobile Français affiche aujourd’hui un âge moyen de presque 9 ans et une valeur moyenne d’environ 4 000 €. De ce fait, même un petit choc suffit à déclarer « épave » une voiture en bon état en raison d’un coût de réparation trop élevé. Avec des pièces d’occasion, ce véhicule est certainement réparable et peut continuer à être utilisé par son propriétaire qui n’a pas forcément les moyens d’en acheter un plus récent. Et plus de véhicules réparables, c’est davantage de travail pour les professionnels de l’automobile.

Un consommateur qui peut faire des économies, des assureurs qui économisent aussi sur les indemnisations, des filières du recyclage et de la réparation dynamisées, sur le papier la loi de transition énergétique a tout bon. Affaire à suivre…

Sources : FFA, Gerpisa, l’Argus



A l’origine journaliste spécialisé auto-moto, Damien évolue depuis 2013 dans l’univers de l’assurance. Une question sur un contrat, sur des garanties ou sur des remboursements… il met son expertise au service des internautes. Son objectif : que les assurés soient mieux protégés et deviennent des consommateurs avertis.

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