Achat auto : Essence ou diesel ? Nos conseils pour choisir

En cinq ans, la part du diesel dans les achats de voiture neuve à particuliers est passée de 73 à 48 % (source CCFA). Encore majoritaire l’an passé, le diesel a donc cédé sa place à l’essence et aux autres formes d’énergie (gaz, électricité, hybridation). Scandales, écologie, confort, prix à l’achat : les raisons de cette évolution sont nombreuses. Faut-il néanmoins rayer le diesel de vos critères d’achat ? Essence ou Diesel : quel carburant choisir ?

Le diesel plus rentable : halte aux idées reçues

Votre choix sera tout d’abord dépendant de la catégorie de véhicule envisagée. Pour une mini citadine ou une citadine (Renault Twingo, Fiat 500, Volkswagen Polo, Renault Clio, Kia Picanto…), ce sont les constructeurs eux-mêmes qui vous obligent quasiment aujourd’hui à n’envisager que l’essence.

En effet, le surcoût engendré par les technologies de dépollution à installer sur les moteurs diesel a fini par rendre ce carburant économiquement inepte sur les petits modèles. De fait, les constructeurs qui proposent toujours des diesels dans ces gammes-là sont devenus rares.

Dans son comparateur en ligne, le magazine Que Choisir recense 16 modèles diesel pour 74 essence ou hybride et électrique sur ce segment.

Dans la catégorie des berlines et SUV compacts (Renault Mégane, Peugeot 3008, Volkswagen Tiguan, Nissan Qashqai…), le choix est déjà plus ouvert. Très présentes dans les flottes d’entreprises où le diesel bénéficie encore d’avantages fiscaux conséquents, les constructeurs continuent logiquement à répondre à la demande.

Pour le particulier, le choix nécessite en revanche d’être murement réfléchi. Car si le prix du carburant à la pompe est encore à l’avantage du mazout (environ 15 centimes par litre par rapport au super SP95), ce critère seul ne doit surtout pas vous faire occulter tous les autres.

Certes, faire rouler un diesel vous coûtera moins cher en carburant par rapport au modèle essence équivalent, mais la différence de prix à l’achat du véhicule (comptez généralement 1500 à 2000 euros à prestations équivalentes) vous interdit d’envisager la moindre rentabilité avant plusieurs dizaines de milliers de kilomètres.

Un coût d’entretien jusqu’à deux fois plus élevé

De plus, rappelait récemment l’hebdomadaire Auto Plus, il faut aussi compter avec un coût d’entretien qui peut être jusqu’à doublé sur un moteur diesel par rapport à son équivalent essence, ce qui tord le cou à l’idée que plus on garde le véhicule longtemps, plus il est forcément rentable.

Quant à l’argument de l’agrément à l’utilisation, oubliez-le. Les moteurs essence récents, le plus souvent suralimentés par un turbo, développent un couple qui n’a plus grand chose à envier aux diesels et offrent un confort acoustique nettement supérieur.

En résumé, le diesel est encore un choix raisonnable à condition de rouler beaucoup et majoritairement hors des villes de manière à éviter l’encrassement des organes du moteur, synonyme de coûts d’entretien élevés.

Les berlines familiales et SUV équivalents (« segment D » type Renault Talisman ou Mercedes Classe E) sont généralement utilisés par des « gros rouleurs », comme on dit. Le diesel reste donc plus que jamais pertinent, à condition de vérifier les critères de rentabilité et de bien évaluer les coûts d’entretien.

Grâce au couple généreux que ces moteurs offrent à bas régime, il reste de toute façon à privilégier dans le cadre de certains usages réguliers, comme le tractage de remorque, van ou caravane par exemple.

Enfin, lorsqu’elle est proposée au catalogue du constructeur, envisager une version hybride-rechargeable plutôt qu’un diesel peut s’avérer rentable. Une fois l’écart de prix réduit grâce au bonus écologique ou à l’absence de taxe calculée sur les émissions de CO2 pour les sociétés (0 euros en dessous de 50 g de CO2/km), le choix de ce type de propulsion peut se montrer tout à fait pertinent.

 

Comment calculer la rentabilité ?

Pour une Volkswagen Golf d’environ 110 chevaux, par exemple, nous avons calculé qu’au prix actuel des carburants, il vous faudrait plus de 10 ans à raison de 15 000 kilomètres parcourus chaque année pour amortir la différence de prix à l’achat entre un modèle essence et son équivalent diesel. Si l’on prend en compte la volonté des pouvoirs publics d’aligner progressivement la taxation du diesel sur celle de l’essence, l’équation devient tout simplement impossible à résoudre.

Pour établir le seuil de rentabilité d’un diesel vs. l’essence, commencez par calculer la différence de prix aux 100 kilomètres parcouru simplement en multipliant le chiffre de la consommation mixte normalisée par le prix au litre du carburant pour les deux véhicules puis en soustrayant le montant obtenu pour l’essence de celui obtenu pour le diesel.

Ensuite, divisez la différence de prix à l’achat entre le véhicule diesel et l’essence par le montant trouvé pour la différence de coût aux 100 kilomètres et multipliez-le par 100. Pour notre Golf citée en exemple, la rentabilité est envisageable à partir de 163 000 km…