Voiture neuve : faut-il acheter chez un mandataire ?

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Vingt, trente et même parfois au-delà de quarante pour-cent de remise, telle est la première promesse faite par le mandataire en matière d’achat automobile. Le mandataire, parfois aussi appelé courtier, constitue donc a priori un excellent moyen d’acquérir un véhicule neuf en bénéficiant de remises supérieures à celles proposées par un concessionnaire. Mais la prestation est-elle réellement sans risque et toujours avantageuse ?

Pourquoi peut-on obtenir de meilleures remises chez un mandataire ?

Pratiqué quasiment sous le manteau voici encore quelques années, l’achat d’un véhicule chez un mandataire devient monnaie courante et les enseignes se structurent (Aramis, Auto IES, Auto-ici, Elite Auto, etc). Selon un journaliste de la publication professionnelle Le Journal de l’Automobile que nous avons consulté, ce type d’intermédiaire peut même représenter jusqu’à 25 % des volumes pour certaines marques.
C’est un fait, acheter sa voiture par l’intermédiaire d’un mandataire permet d’obtenir une remise intéressante. Mais ne rêvez pas, au-delà de 20 % les démarques cachent souvent des voitures déjà configurées (pas le choix dans le coloris, la finition et la motorisation), un modèle en fin de vie ou ayant du mal à se vendre. Bien sûr, s’il correspond à celui qui vous convient et que vous ne comptez pas le revendre rapidement, c’est tout bénef’ pour vous.

Différencier voiture neuve et véhicule « zéro km »

Si d’une manière générale, sur un véhicule neuf le niveau de remise consenti est inversement proportionnel à la demande du véhicule sur le marché, des astuces permettent malgré tout aux mandataires de vous proposer une Renault Clio ou une Peugeot 208 dernier modèle avec des niveaux de remises supérieurs à 25 %, à commencer par parfois confondre « neuf » et « zéro kilomètre ».

Dans la mesure où la garantie constructeur démarre avec la date de première immatriculation, la nuance n’est pas neutre. En y regardant de plus près sur le site du grand mandataire consulté, nos Clio et 208 bien que « zéro kilomètre » accusent déjà plus de six mois d’immatriculation, ce qui les interdit de facto d’être vendues comme « neuves » (6 mois et 6000 km maxi).

Origine des véhicules : quelle incidence sur la garantie ?

La provenance des véhicules fut longtemps un sujet mis sous le tapis. En effet, de nombreuses marques ont vu chez le mandataire un ennemi commercial, jusqu’à pénaliser les clients au moment d’assurer l’après-vente et d’éventuelles réparations sous garantie.

Si aujourd’hui les relations se sont normalisées (certains modèles sont achetés en nombre par les mandataires directement chez les concessionnaires), c’est non seulement parce que le mandataire permet d’écouler facilement les stocks ou gonfler les immatriculations en fin d’année, mais aussi parce que la réglementation européenne est claire : la garantie contractuelle est la même pour tout véhicule acheté dans l’Union.

Attention toutefois, si la garantie contractuelle est inaliénable, il n’en est pas de même pour les vices cachés. En effet, celle-ci s’applique au vendeur et non à l’intermédiaire (le mandataire). S’il a acheté votre voiture neuve à un distributeur moldave, c’est vers ce dernier que vous devrez vous retourner en cas de vice caché. Bon courage…

Attention aux différences dans les finitions

Un approvisionnement à l’étranger peut également poser d’autres types de problèmes, notamment sur les appellations commerciales des véhicules. Si une Audi reste une Audi, les dénominations des finitions telles qu’elles sont commercialisées en France diffèrent souvent (soit en nom, soit en équipement) avec celles qui le seront en Allemagne.
Une finition S-Line, par exemple, pourra ne correspondre qu’à un kit carrosserie chez l’un et à un châssis sport chez l’autre. Le problème viendra alors au moment d’établir une côte lors de la revente.

Il faut donc veiller lors de la commande que le mandataire garantisse un équipement au minimum identique à celui de la définition française d’un véhicule si celui-ci est commandé à l’étranger.

Un mandataire n’est pas un concessionnaire

Du côté des services, le mandataire n’étant pas concessionnaire, il y a donc peu de chance qu’il puisse vous faire essayer le véhicule convoité ou même vous reprendre votre ancienne voiture (certains développent malgré tout ce service).
En revanche, si vous savez exactement ce que vous voulez, vous pourrez le commander directement sur internet. Et dans bien des cas, le courtier pourra également vous proposer un financement, voire une LLD.



Quant au délai de livraison : pas de miracle. Le mandataire est soumis aux mêmes lois que le marché. Si le véhicule est très demandé ou correspond à une demande particulière (véhicule personnalisé avec des options, par exemple) il devra être commandé et ne sera pas livré plus rapidement que chez un concessionnaire.
Enfin, la livraison peut se dérouler chez le mandataire (s’il dispose d’infrastructures qui permettent l’accueil de la clientèle) ou chez un concessionnaire de la marque. Sauf car particulier (livraison spéciale, par exemple), aucun frais différent de ceux qu’appliquerait un concessionnaire (frais de mise à la route) n’est appliqué.

Le mandataire est donc un intermédiaire intéressant pour qui sait exactement ce qu’il va acheter, le concessionnaire restant quant à lui incontournable pour le conseil, la découverte du véhicule et le SAV.

Parce que l’automobile est un produit majeur de l’assurance, il est tout à fait normal de retrouver sur Hyperassur un journaliste spécialisée comme Alexandre. Depuis une quinzaine d’années, il contribue à de nombreux titres auto et hight-tech, et présente même une émission dédiée à l’automobile (Le Garage – OuatchTV).

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