Bonus-Malus 2018 : tout savoir sur le barème appliqué aux voitures neuves et d’occasion

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Chaque année depuis son entrée en vigueur en 2008, l’annonce des barèmes du bonus-malus écologique angoisse autant les constructeurs que les acheteurs de voiture neuve. Il faut dire qu’en dix ans, la physionomie de ce qui doit inciter l’automobiliste à acheter des voitures moins polluantes à bien évolué. Que faut-il attendre pour 2018 ?

Bonus-malus : 9 ans de durcissement

Lorsqu’il a été adopté pour entrer en vigueur sur l’année fiscale 2008, le système du bonus-malus écologique comprenait neuf tranches allant de 5 000 euros de gratification à 2 600 euros de pénalité appliquées en fonction des valeurs homologuées d’émission de CO2 de chaque véhicule neuf.
Si le principe d’asseoir la fiscalité sur les seules émissions de gaz à effet de serre (et non sur les émissions de gaz polluant) n’a pas changé, la grille d’application a en revanche été maintes fois chamboulée, au point que pour l’année fiscale 2018, elle compte désormais 35 tranches et plusieurs taxes supplémentaires applicables notamment sur la puissance fiscale des véhicules. Entre l’assurance auto et les péages qui vont augmenter, la facture s’annonce salée en 2018 !

En 2018 : rares seront les véhicules récompensés

Ainsi, pour l’année à venir, seule une tranche de bonus subsiste. Les véhicules dit « zéro émission » (autrement dit les véhicules électriques) bénéficient de 6 000 euros de ristourne, applicable si et seulement si ces 6000 euros ne représentent pas plus de 27 % de leur prix catalogue, soit environ 40 000 euros.

En zone neutre, se situent les véhicules émettant entre 1 et 119 grammes de CO2 tandis qu’à partir de 120 grammes, le malus est de 50 euros. Il augmente ensuite pour chaque gramme d’émission supplémentaire jusqu’à un maximum de 10 500 euros, seuil applicable à toute auto ayant des émissions supérieures ou égales à 185 grammes de CO2 par kilomètre.

Auparavant situé à 126 gramme, l’abaissement du seuil de la zone neutre à 120 grammes provoque des inflations parfois spectaculaires. Ainsi, alors qu’un véhicule qui émet 127 grammes devait s’acquitter d’un malus de 50 euros en 2017, le barème 2018 prévoit désormais une taxe de 173 euros, soit… 346 % d’augmentation.

Si l’on remonte au tout premier barème, en 2008, un véhicule émettant 130 grammes bénéficiait alors d’un bonus de 200 euros. Cette même auto serait aujourd’hui taxée à 300 euros. Autrement dit, cela revient à augmenter son prix TTC de 500 euros nets. De même, un véhicule considéré neutre à 155 grammes en 2008 serait aujourd’hui taxé à hauteur de… 3113 euros !

Le diesel continue d’en profiter indirectement

Autres grands perdants des nouveaux barèmes, les véhicules hybrides rechargeables qui voient disparaître le bonus de 1000 euros dont ils bénéficiaient encore.

De même, les bicycles, tricycles et quadricycles électriques d’au moins 3 KW voient leur prime baisser de 1000 à 900 euros. En deçà de 3 KW (par exemple pour un vélo électrique), la prime de 200 euros est supprimée. Autrement dit, ce système de bonus-malus continue insidieusement à favoriser l’achat de véhicules diesel par rapport à l’essence et ne favorise qu’à la marge les énergies alternatives, telles que l’hybride, rechargeable ou non.

Entre bonus et prime de conversion : un dispositif complexe

Vous veniez d’ingérer les nouveaux barèmes ? Pas si vite. Peut-être êtes-vous éligibles à la « prime de conversion des véhicules ». Depuis 2015, ce dispositif annexé à la loi de finance permet d’aider les possesseurs de vieilles guimbardes à en acquérir une plus récente et surtout moins polluante.

Concrètement, en 2018, comme l’indique le dossier de presse du Ministère de l’écologie, « En 2018, tous ceux qui veulent passer à l’électrique ou changer un vieux véhicule polluant pour une voiture neuve ou d’occasion récente (vignette Crit’Air 0, 1 ou 2) émettant moins de 130 gCO2/km obtiendront un soutien du Gouvernement pour lutter contre la pollution de l’air ».

Cette prime, s’élève à 2 000 euros (contre 1000 euros en 2017) et s’applique pour toute mise à la casse d’un véhicule essence d’avant 1997 ou diesel d’avant 2001. Les véhicules électriques achetés dans le cadre de ce dispositif bénéficient, eux, d’une prime de 2500 euros, contre 4000 en 2017.
Enfin, autrefois exclus du dispositif, les ménages imposables peuvent désormais bénéficier eux aussi de la prime de conversion à hauteur de 1000 euros.
Vous avez bien lu entre les lignes : ce que le gouvernement taxe d’une main jusqu’à 300 euros entre 120 et 130 grammes de CO2, il peut dans certains cas le gratifier de l’autre main, ce jusqu’à 2000 euros.

Des taxes annuelles durcies et les occasions trinquent aussi

De plus, car ce n’est pas tout, s’applique toujours la taxe de détention de 160 euros par an. Son seuil est fonction des émissions polluantes normalisées à la date de première immatriculation du véhicule. Par exemple, ce seuil qui est de 250 grammes pour un véhicule immatriculé en 2009 tombe à 190 grammes pour les véhicules immatriculés depuis 2012.

Enfin, au malus écologique s’ajoutera une nouvelle taxe sur la puissance fiscale. Ainsi, pour les véhicules neufs, 500 euros de taxes seront encaissées à partir de 36 chevaux fiscaux, puis 500 euros par cheval supplémentaire, à concurrence de 8 000 euros.

Vous comptiez vous en tirer avec une voiture occasion ? Pas si vite. Dès 10 chevaux fiscaux, votre belle occasion sera désormais elle aussi taxée. Il faudra débourser 100 euros jusqu’à 11 chevaux, 300 euros de 12 à 14 chevaux et, enfin, 1000 euros pour 15 chevaux et au-delà.
Et si par malheur votre belle occasion s’avère également émettrice de CO2, un malus écologique allant de 2 à 4 euros par gramme lui sera également applicable au-delà de 200 grammes de CO2 rejetés. C’est sans doute ce qui s’appelle le choc de simplification !


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Parce que l’automobile est un produit majeur de l’assurance, il est tout à fait normal de retrouver sur Hyperassur un journaliste spécialisée comme Alexandre. Depuis une quinzaine d’années, il contribue à de nombreux titres auto et hight-tech, et présente même une émission dédiée à l’automobile (Le Garage – OuatchTV).

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