Voiture neuve : Vaut-il mieux acheter ou louer ?

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Anecdotique il y a encore quelques années, la location longue durée (LLD) grignote petit à petit la part du crédit dans le mode de financement des voitures neuves. Apparue en France au début des années 1980, elle a connu une croissance à deux chiffres entre 1984 et 2001 (source SNLVLD) pour un parc roulant multiplié par dix sur la période. Posséder sa voiture serait-il un vieux réflexe ? Acheter ou louer, on vous donne les clés pour choisir selon votre profil d’automobiliste.

En 2016, pas moins de 25 % des véhicules neufs immatriculés l’ont été par les loueurs longue durée, toujours selon ce syndicat professionnel, soit un peu plus de 509 000 véhicules. Pour cette année-là, embraye l’Auto Journal, « le leasing auto [dépasse] 40 % des financements, soit autant que le crédit auto ».

Location longue durée : être proprio c’est dépassé

Pour faire son choix, il convient d’abord de bien distinguer la location longue durée de la location avec option achat (LOA) qui permet au locataire, à l’issue d’une période prédéfinie durant laquelle il s’acquitte d’un loyer mensuel, d’acquérir son véhicule en échange d’un loyer majoré ou bien d’en reprendre un neuf dans des conditions similaires.



La LLD fonctionne sur le même principe que lors d’une location courte durée chez un loueur : un contrat de location de véhicule définit les modalités, obligations et devoirs du loueur et du locataire pour une période donnée, en général de 12 à 72 mois. À l’issue de la période, le locataire restitue le véhicule sans autre forme de contrainte.

La location intéressante aussi pour les particuliers

Très prisées par les entreprises – qui peuvent déduire les loyers de leurs charges – pour leurs flottes de véhicules, la LLD séduit de plus en plus les particuliers. Les avantages de la formule sont nombreux.

Inférieurs aux mensualités d’un crédit classique, les loyers versés pour ce type de contrat sont en effet forfaitaires, c’est-à-dire qu’ils intègrent un certain nombre de services plus ou moins exhaustifs qui dégagent l’utilisateur des contingences financières qui leur sont liées et qui peuvent couvrir :  l’entretien, l’assurance, le remplacement en cas de panne, le télépéage, voire des services de gestion personnalisés ou des cartes carburant pour les entreprises.

Outre le fait que le locataire n’a pas d’apport initial à faire, le budget défini au départ reste toujours le même. Fini, les dépenses imprévues ! En fin de contrat, le locataire n’a pas non plus à se soucier de la revente ou de la reprise de son véhicule aux meilleures conditions.

Utilisation, durée de détention, prix de la voitures : les critères à prendre en compte

Et les inconvénients, alors ? Tout d’abord, les sommes versées ne permettent que de jouir du véhicule mais jamais de le posséder. Ensuite, le contrat une fois signé, et à moins d’avoir contracté une assurance supplémentaire, il doit être honoré jusqu’au bout et ce même si la situation personnelle du locataire change.
Enfin, les contrats étant surtout conçus pour des véhicules types et de grande diffusion, toute personnalisation par des options (souvent peu valorisées par les professionnels lors des reprises) ou choix de véhicule un peu « exotique » pourra être facturé au prix fort.

Pour les constructeurs automobiles dont la plupart proposent eux-mêmes des solutions de LLD à leurs clients, cette formule a l’avantage de supprimer la phase de négociation sur le prix de la voiture et donc d’améliorer les marges de manière significative.
En revanche, elle nécessite d’anticiper de manière très précise la valeur résiduelle, c’est-à-dire ce que vaudra le véhicule à la revente en fin de contrat afin de calculer au mieux le montant du loyer.

Malgré tous les avantages que présente la LLD, l’achat du véhicule demeure une pratique forte chez les particuliers, ne serait-ce que parce que le marché du véhicule d’occasion est encore très largement majoritaire et que pour celui-ci, il n’y a pas d’alternative.
Par ailleurs, le marché de la location est conçu pour « entrer dans des cases » très précises. Typiquement, les contrats imposent généralement un kilométrage annuel maximum (15 000 km pour une essence, 25 000 km pour un diesel) au-delà desquels des pénalités importantes sont généralement demandées. Eh oui, « ça dépend, ça dépasse ! ». Enfin, nombreux sont encore les particuliers à acheter une automobile pour la conserver longtemps, ce que ne permet pas la LLD.

On vous aide à calculer

On l’a vu, la LLD s’adresse donc à un profil assez précis d’automobiliste. Mais en dehors du fait qu’elle lisse les charges sur la durée de la location, est-elle économiquement intéressante ? Selon nos simulations, une LLD classique de 36 mois et 45 000 km maximum pour une Renault Mégane DCi 110 chevaux revient à 360 euros mensuels.

Pour cette même auto et pour la même durée, le financement total de l’achat à crédit nécessite de rembourser des mensualités de 760 euros – plus du double ! – auxquelles il faudra ajouter assurance, frais d’entretien, etc., mais desquelles il conviendra aussi de déduire le prix de la revente au terme des trois ans. À vos calculettes !

 

Parce que l’automobile est un produit majeur de l’assurance, il est tout à fait normal de retrouver sur Hyperassur un journaliste spécialisée comme Alexandre. Depuis une quinzaine d’années, il contribue à de nombreux titres auto et hight-tech, et présente même une émission dédiée à l’automobile (Le Garage – OuatchTV).

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