Essai Hyundai Kona : Le grand méchant look

Publié par , le . Temps de lecture : 6 minutes.

“Crossover”, toutes les marques n’ont plus que ce mot à la bouche, sans se poser vraiment la question de leur légitimité sur ce marché. Il faut dire que le gâteau s’annonce tellement énorme : près de 3 millions d’unités prévues en 2018 rien que pour les SUV urbains. Malgré des nouveautés à la pelle sur le segment, on estime chez Hyundai qu’il y a la place pour le Kona, d’autant plus quand on a bâti en grande partie sa réputation sur les SUV. Et avec son look totalement décalé, quelque chose nous dit que le Kona se rêve en digne successeur du Nisan Juke.

LES
  • Design distinctif
  • châssis dynamique
  • Equipements de série
LES
  • Habitabilité
  • Volume coffre
  • Gamme encore restreinte

En 2010, le Juke détonne avec son design, mais il réinvente la catégorie des petits crossovers et le succès est immédiat. L’an dernier, Toyota commercialise son flamboyant C-HR et fait un joli coup, plus de 20 ans après avoir inventé le concept avec son Fun Cruiser.
Cette année c’est au tour de Hyundai de miser sur un physique original pour positionner son Kona sur un segment si jeune et déjà saturé.

Mais là où certaines marques arrivent comme un cheveu sur la soupe, tentent maladroitement de justifier un véhicule « tout chemin » tout en se défendant d’avoir voulu approcher de près ou de loin les SUV (ou pire les 4×4 !), la marque coréenne, elle, assume.
Elle assume par son histoire (les Santa Fe et Tucson sont ses emblèmes), par le coup de crayon donné au Kona et par les faits avec la possibilité de rouler en Kona quatre roues motrices.

Un Kona pas si déluré …

design hyundai kona

Vous l’aurez compris le Hyundai Kona c’est avant tout une gueule. Une gueule presque de méchant avec sa grosse calandre trapézoïdale, son regard inquiétant réparti sur deux niveaux et ses imposantes protections de carrosserie qui forment comme une armure autour de la voiture. On adore ou on déteste, mais l’essentiel c’est de se distinguer, de créer une émotion, et le contrat est rempli.

Côté dimensions, avec 4,17 m en longueur le Kona rentre dans le rang et se met au cœur du segment. A titre de comparaison, la référence Renault Captur annonce 4,14 m et un grand gabarit comme l’Opel Crossland X dépasse 4,20 m.

Malheureusement le Coréen pointe en queue de peloton quand on aborde le sujet de l’habitabilité. A l’avant rien à dire puisqu’on se croirait dans une compacte, mais à l’arrière on doit se serrer un peu au niveau des coudes et des genoux, et le tunnel central, prévu pour passer la transmission intégrale, n’arrange pas les choses. Et un peu de moelleux en plus dans l’assise n’aurait rien gâché !
Enfin le Kona n’est pas non plus le meilleur transporteur, avec un coffre de 361 L il souffre face aux plus de 400 L de certains concurrents.

tableau de bord kona

Il se rattrape heureusement par une présentation sérieuse – sacré contraste avec l’extérieur tout de même ! – une ergonomie sans fausse note et des matériaux de bonne facture.
A l’intérieur, Hyundai vise plutôt le haut de gamme dans la catégorie et cela se ressent aussi avec l’équipement. Dès le niveau de base, la voiture est richement dotée. Et attention à ceux qui voudraient le comparer trop vite à son cousin le Kia Stonic. Ce dernier affiche des tarifs plus bas, mais l’accueil est moins soigné et les équipements moins nombreux.

Les finitions et leurs principaux équipements

  • Intuitive : 6 airbags, ESP, système multimédia avec radio, Bluetooth + Apple CarPlay et Android Auto, écran tactile 7 pouces, banquette rabattable, feux et essuie-glaces automatiques, régulateur de vitesse, aide au maintien de voie, climatisation automatique, caméra de recul, jantes 17 pouces
  • Edition1 (+1500€) :  accès et démarrage mains libres, affichage tête haute, chargeur mobile sans fil, GPS, système audio premium, écran 8 pouces, détails esthétiques
  • Executive (+3000€) : radars avant, éclairage adaptatif et full Led, jantes 18 pouces, sellerie cuir, surveillance angles morts, sièges électriques et chauffants

… mais bien énervé quand même sur la route !

kona essence

La paire coréenne Hyundai-Kia nous avait habitués à lancer des nouveautés très rapprochées, c’est encore le cas pour les Kona et Stonic, mais surtout techniquement identiques.

C’est là que nos deux compères diffèrent, car le Stonic dérive de la citadine Rio tandis que le Kona hérite de la plate-forme de la compacte i30, ce qui lui permet de proposer une alternative quatre roues motrices. Pour l’heure cette transmission est réservée à l’exclusif 1.6 turbo essence 177 ch (uniquement boîte automatique, à partir de 29 900 €) mais elle s’invitera sur le diesel dont l’arrivée est prévue dans la gamme courant 2018.

Plus de neuf ventes sur dix au lancement se feront avec le 3 cylindres essence 120 ch qui nous a été confié. A son aise sous le capot du Stonic, ce petit 1.0 L turbo n’a pas perdu de sa forme en se greffant sur le Kona.
Pétillant mais pas vibrant, vigoureux mais pas sonore à outrance, il offre la polyvalence nécessaire au Kona pour assumer ses tâches urbaines tout en appréciant une petite virée sur les grands axes. Seuls un étagement de boîte un peu long et une légère gourmandise (pas moins de 7,5 L/100 km sur un parcours d’essai vallonné) sont à lui reprocher.

L’assurance d’un Hyundai Kona 1.0 T-GDI 120

  • Tiers : à partir de 203 €/an avec A comme assure
  • Tiers + : à partir de 261 €/an avec L’Olivier assurance
  • Tous risques : à partir de 321 €/an avec Amaguiz

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On pourrait enfin lui reprocher la fermeté de ses suspensions, voire même son manque d’éducation à basse vitesse avec une tendance à rebondir en ville sur des chaussées pas toujours lisses.
Mais nous ne le ferons pas. Car à l’inverse, cette fermeté permet au Kona d’afficher un dynamisme rarement observé dans la catégorie. On parle ici presque de sportivité avec une agilité plaisante, un roulis inexistant et une direction irréprochable (bien aidée par un train avant peu chargé par le moteur).
Tout comme son design, on adore ou on déteste mais il s’agit d’un vrai parti pris qui se distingue de compromis confort-efficacité parfois hasardeux et qui ne satisfont personne.

Le mot de la fin sur le nouveau Hyundai Kona

Avec le Kona, Hyundai signe un véhicule très pragmatique puisqu’il répond au besoin vital d’exister sur le marché des crossovers urbains, mais aussi fondateur. Fondateur car libéré côté design et avec des prestations routières qui sortent du lot. Il a également pour lui un bon rapport prix/équipements : à partir de 21 400 € pour une version d’entrée de gamme loin d’être dépouillée et animée par un 120 ch essence convaincant. (images constructeur)

Fiche technique Hyundai Kona 1.0 T-GDI 120

  • Carrosserie : crossover urbain
  • Dimensions L/l/h : 4165/1800/1565 mm
  • Poids : 1308 kg
  • Coffre : 361 L
  • Motorisation : 3 cylindres essence
  • Cylindrée : 998 cm3
  • Puissance/Couple : 120 ch / 172 Nm
  • Boîte de vitesses : manuelle 6 rapports
  • Performances : 181 km/h – 12″ au à 100 km/h
  • Consommation mixte (constructeur) : 5,4 L/100 km
  • Rejets CO2 : 125 g/km (neutre)
  • Puissance fiscale : 6 CV
  • Prix : à partir de 21 400 €

 

A l’origine journaliste spécialisé auto-moto, Damien évolue depuis 2013 dans l’univers de l’assurance. Une question sur un contrat, sur des garanties ou sur des remboursements… il met son expertise au service des internautes. Son objectif : que les assurés soient mieux protégés et deviennent des consommateurs avertis.

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