Essai Tesla Model S 75D : De sur-prises en sur-prises

Publié par , le . Temps de lecture : 7 minutes.

C’est la plus connue des voitures électriques, à moins que ce ne soit la popularité de son « créateur », le très médiatique Elon Musk, qui rejaillisse sur elle… La Tesla Model S, une grande berline qui promet le confort d’une limousine, les accélérations d’une GT et l’autonomie d’une voiture « normale ». Promesse tenue ? Verdict en essai.

LES
  • Agrément de conduite
  • Système multimédia génial
  • Aspects pratiques
LES
  • Infrastructures encore à développer
  • Tarifs élevés malgré tout
  • Avenir de la marque ?

Pour être très franc, mes quelques expériences en voiture électrique m’avaient franchement refroidi. On m’avait vendu une conduite apaisée, certes le silence de fonctionnement est toujours très agréable dans ce type de véhicule, mais l’anxiété due à l’autonomie était si forte, une accélération faisant perdre parfois 10 à 15 kilomètres, rendait la conduite stressante.

La répression routière oblige déjà à mesurer sa vitesse en permanence, alors si en plus il faut surveiller la « jauge » (on dit réserve d’énergie pour une électrique) !

Tesla : un constructeur qui apprend vite

essai tesla

C’est donc un peu sceptique que j’entre chez Tesla pour récupérer ma Model S. Et puis il faut l’avouer, entre les coups de com’ de son PDG et les articles qui annoncent sa faillite toutes les semaines, mon esprit critique me paraît plus en éveil envers Tesla (à tort certainement) qu’à l’accoutumée.

Première bonne surprise, chez Tesla on semble estimer qu’un bon essai vaut mieux qu’un mauvais discours et on m’invite à vite prendre la route pour me rendre compte par moi-même des qualités de leur production.

La première impression avec la Model S est visuelle. Si je n’y suis pas spécialement sensible (peut-être un peu trop « bio » pour moi), il faut lui reconnaître des lignes élégantes et harmonieuses (aucune lourdeur malgré presque 5,0 m en longueur et 2,0 m en largeur). Le design reste une affaire personnelle, c’est pourquoi passons vite à l’intérieur.

Et là deuxième bonne surprise. D’abord la qualité perçue impressionne. Les matériaux sont précieux (cuir, bois brut et métal brossé) et les ajustements dignes des références européennes. Quand certains constructeurs ont mis plusieurs décennies à s’en approcher, il est intéressant de voir que Tesla assemble des voitures depuis seulement 2008 !

Ensuite il y a l’accueil proposé par de très beaux sièges enveloppants, puis une ambiance épurée dont le point d’orgue est cet immense écran tactile qui occupe toute la console centrale.
Rapide, intuitif dans ses menus, d’une taille inconnue jusqu’ici dans l’automobile (17 pouces), il est à la fois la tour de contrôle de la voiture mais aussi un compagnon de voyage (connexion Internet, musique en streaming) et votre copilote (GPS, optimisation des trajets et des recharges).

écran tesla

Enfin, elle existe ailleurs, mais l’instrumentation digitale fait toujours son petit effet, surtout quand elle est bien faite et ne regroupe ici que des informations essentielles. Mention spéciale à l’indication des distances en manœuvre. Au lieu de symboles, la voiture affiche les cm qui vous séparent de l’obstacle, c’est plus simple et in fine plus visuel.

Une finition et de rares options

  • Principaux équipements de série: système multimédia avec radio, Bluetooth, Internet et navigation sur écran tactile 17 pouces, climatisation automatique, éclairage full Led, sièges avant électriques et chauffants, sellerie cuir, caméra de recul, commande à distance via application mobile, instrumentation digitale, accès et démarrage mains libres
  • Pack Premium (+5200€) : volant et sièges arrière chauffants, filtration de l’habitacle, système audio haut de gamme
  • Pilotage automatique amélioré (+5200€) : disposifif complet de plsuieurs aides électroniques pour une conduite semi-autonome

On n’hésite plus entre performances et autonomie

Pour « démarrer » la Model S, il suffit de garder la clé (silhouette de la voiture en miniature !) dans la poche, enclencher le levier de vitesses sur Drive et en avant la musi… non rien. Aucun bruit, même pas un sifflement. Chapeau l’insonorisation !

C’est à ce moment que vient la troisième très grosse surprise : la poussée intense délivrée par la voiture. On est vraiment collé au siège et je n’ai entre les mains que la version la plus modeste capable d’un 0 à 100 km/h en 4’’4.
Pas besoin de mesurer ils sont là, il m’a été donné d’essayer des modèles thermiques affichant des performances similaires et pourtant cette Tesla semble accélérer plus fort. Et là où certaines GT se limitent à deux passagers, la Model S est une familiale accomplie avec un espace confortable pour quatre adultes et plus de 800 L de coffre répartis entre l’avant et l’arrière.

La technique de la Tesla Model S

Pour expliquer simplement la fiche technique d’une Tesla Model S, mieux vaut s’en remettre à sa dénomination. Notre exemplaire est une 75D, 75 désignant la puissance délivrée par sa batterie par heure (kW/h) et D se traduisant par Dual Motor ou deux moteurs.
En effet côté architecture, les Tesla disposent d’une très grosse batterie (plusieurs milliers d’unités lithium-ion) logée sous le plancher de leur structure en aluminium et sont entrainées par un moteur sur chaque essieu. Toutes les Model S sont donc des quatre roues motrices.
A titre d’information, la gamme Model S comprend deux autres versions, 100 D et D100D, dont les tarifs démarrent à plus 100 000 € mais leur autonomie dépasse les 600 km et le 0 à 100 km/h peut tomber sous les 3’’0 avec la P100D.

essai tesla

Dernière bonne surprise, qui me réconcilie avec la mobilité électrique, l’autonomie. Certes la voiture est facturée près de 80 000 € mais avec 490 km promis (environ 400 km en conduite normale, c’est à dire sans jouer le jeu de l’éco-conduite et en profitant de son potentiel) on reste moins bloqué sur cette donnée et on profite pour la première fois de la conduite apaisée presque vendue en série. Et chaque grosse accélération ne la fait pas chuter.

On peut également être dérouté par la forte présence du frein moteur, à tel point que les freins ne servent que pour stopper la voiture ou en cas de situation d’urgence. On s’habitude très vite à cette façon de conduire tout en anticipation (rappelons que l’énergie est récupérée lors de ces décélérations), d’autant plus facilement quand on sait que derrière l’effet « catapulte » fonctionne plutôt bien !

L’assurance d’une Tesla Model S 75D

  • Tiers : à partir de 293 €/an avec Allianz
  • Tiers + : à partir de 730 €/an avec Allianz
  • Tous risques : à partir de 982 €/an avec Allianz

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Nous terminerons par un mot sur le comportement de la grande berline californienne qui, lui, est peut-être l’élément un peu décevant de ce galop d’essai.
L’auto est dynamique mais avec plus de 2 tonnes sur la balance, pas de miracle, elle se révèle un peu pataude dans les enchainements de virages. Sa suspension pneumatique privilégie le confort, il est excellent, mais même en jouant sur les modes de conduite pour obtenir un châssis « plus verrouillé » la Model S n’a pas encore le toucher de route d’une Porsche Panamera dont elle se targue d’être la rivale.

Une Tesla au quotidien

charge tesla

Rouler en Tesla, contrairement à d’autres voitures électriques ce n’est pas changer fondamentalement sa façon de se déplacer. Le principe de base reste de disposer d’une prise à la maison ou au bureau. Enfin d’une prise… il faut plus de 30h pour se charger sur une prise domestiques classique. Mieux vaut installer une borne de recharge qui permet une recharge en une nuit.
Il est évident que les utilisateurs de Tesla ne fréquentent pas les Superchargeur de la marque (60 sur le territoire, en développement) installées en périphérie de la ville où ils résident. Ils les utilisent en revanche pour les plus longs trajets, ceux pour lesquels l’autonomie ne sera peut-être pas suffisante. Et en même temps, vous roulez en permanence avec le réservoir plein ? C’est pour cela se déplacer en Tesla n’oblige pas se ronger les sangs pour cette satanée autonomie.

Il faut simplement prévoir un petit plus ses trajets et se servir de la navigation qui en fonction de la charge restante calcule le bon trajet et surtout les pauses à effectuer sur les Superchargeur (80 % de charge en 30 minutes) et le temps à y passer. Pour traverser la France par exemple, cela peut demander à peine 1h de pause répartie en deux arrêts.

Non seulement il est conseillé de s’arrêter régulièrement sur les longs trajets, et si la pause recharge coïncide avec la pause déjeuner, c’est du temps de gagné. Inutile de rester à côté de la voiture pendant ce temps, vous suivez la recharge depuis une application sur votre smartphone.

Le mot de la fin sur la Tesla Model S

Elle ne s’adresse pas à tout le monde (mais quelle voiture l’est ? On n’en fait pas des polémiques pour autant) parce qu’il faut disposer d’une prise et surtout d’un budget confortable. A ce propos Tesla propose des offres de location longue durée très intéressantes (à partir de 732 €/mois) qui mettent en concurrence la Model S avec des voitures moins exclusives.
Les entreprises l’apprécieront pour l’exonération de TVS, les particuliers pour ses « pleins » à moins de 10 € (selon les tarifs de l’électricité).
La Tesla Model S n’en demeure pas moins la voiture zéro émission la plus aboutie du moment et celle qui personnellement m’interroge pour la première fois : pourquoi pas ?
(images constructeur)

A l’origine journaliste spécialisé auto-moto, Damien évolue depuis 2013 dans l’univers de l’assurance. Une question sur un contrat, sur des garanties ou sur des remboursements… il met son expertise au service des internautes. Son objectif : que les assurés soient mieux protégés et deviennent des consommateurs avertis.

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