Vaccins pour les enfants : bientôt obligatoires ?

Publié par , le . Temps de lecture : 3 minutes.

Évoquée par l’ancienne ministre de la Santé Marisol Touraine, une nouvelle loi pourrait rendre la vaccination obligatoire contre 11 maladies infantiles. La nouvelle ministre Agnès Buzyn voudrait ainsi ajouter huit vaccins supplémentaires aux trois en vigueur, en ajoutant notamment le vaccin contre la rougeole et l’hépatite B. Alors que plusieurs milliers de cas de rougeole ont été recensés, en parallèle la défiance grandit, 10% de la population refusant toute vaccination.

Jusqu’à présent, seuls les vaccins contre la poliomyélite, la diphtérie et le tétanos étaient rendus obligatoires par le code de santé publique. Agnès Buzyn, nouvelle ministre de la Santé, entend rendre obligatoire non pas 3 mais 11 vaccins pour une période à durée limitée (entre 5 et 10 ans). Quand de nombreuses maladies infectieuses se sont rarifiées grâce aux progrès médicaux et à une meilleure hygiène générale, certaines maladies n’ont pour autant pas encore disparu, bien au contraire. Depuis 2008, la France a connu une épidémie de rougeole qui a fait 10 morts (sur 24’000 personnes contaminées), tandis que le méningocoque C a tué près de 50 personnes dont 6 nourrissons.

Tout le problème réside dans le flou provoqué par les terminologies : « obligatoire » et « recommandé ». Ainsi, l’une des suggestions proposées par le comité d’orientation sur la vaccination serait de rendre 11 vaccins obligatoires, en raison de conditions de confiance véritablement non réunies malgré un effort de responsabilisation généralisée et les efforts importants sur la communication. En somme, un effort de pédagogie nécessaire pour faire face à la recrudescence des contagions mortelles.

10% des français refusent de se faire vacciner

Le débat est vite monté en flèche, avec 4 français sur 10 qui pensent que les risques encourus sur les personnes vaccinées sont supérieurs aux bienfaits des vaccins. De même, 10% d’entre eux refusent catégoriquement tout acte de vaccination. Ces personnes « anti-vaccins » se font de plus en plus entendre, avec dans leur discours le spectre des effets indésirables causés par la vaccination, des risques encore faibles et souvent non démontrés. Le Pr Daniel Floret, médecin et vice-président de la commission technique des vaccinations à la Haute Autorité de santé rappelle pourtant que ces maladies n’ont pas totalement disparu.

Autre critique soulevée par les anti-vaccins, le fait que cette mesure obligatoire arrangerait les affaires des laboratoires pharmaceutiques. Un élément que rejette Agnès Buzyn, qui rappelle que la question de la vaccination porte sur une recrudescence des contagions recensées depuis 2008. Elle doit désormais mener à terme ce projet initié par Marisol Touraine, et présentera prochainement son texte de loi.

Mise à jour du 01/09/2017

Annoncée dès le mois de juin par la nouvelle Ministre de la santé, Agnès Buzyn, la vaccination obligatoire des jeunes enfants va bien passer de 3 vaccins à 11 vaccins.

A partir du 1er janvier 2018, les jeunes enfants se verront injecter, en plus du trio DTP (diphtérie, tétanos, poliomyélite), huit vaccins supplémentaires : coqueluche, oreillons, rougeole, rubéole, hépatite B, méningocoque C, pneumocoque et bactérie Haemophilus influenzae.
Ces derniers étaient auparavant recommandés mais depuis l’OMS a tiré la sonnette d’alarme avec pas moins de 38 décès suite à la rougeole en Europe l’an dernier. Pour la ministre, il s’agit que les 15 % d’enfants non vaccinés ne mettent plus en danger les autres, mais également de redonner aux Français la confiance dans la vaccination. Et poursuit : « Nous laisserons évidement le temps aux familles de se mettre en ordre de marche car il est hors de question de pousser les gens à vacciner dans l’urgence. »

Mais la question divise, que ce soit du côté des professionnels de santé ou des parents bien sûr, certains y voient un principe de précaution poussé à l’extrême ou bien le spectre des puissants lobbies pharmaceutiques.
Le fait que cette vaccination soit assortie d’une obligation passe mal, mais l’obligation des 3 vaccins existe déjà et une sanction est même prévue : jusqu’à 3750 € d’amende et six mois de prison. Presque jamais appliquée, elle ne devrait pas l’être davantage car la ministre annonce réfléchir à une forme de dispense pour les enfants dont les parents seraient farouchement opposés aux 11 vaccins obligatoires.

 

Parce que l’assurance santé est complexe et les réponses des forums pas toujours claires, nous avons fait appel à une spécialiste des remboursements santé et des garanties proposées par les mutuelles. Tous les jours Leslie est à l’écoute des internautes. Elle essaye aussi d’éveiller les consommateurs à l’assurance santé des animaux.

Suivez-nous