Pourquoi le prix de ma mutuelle augmente alors que je gagne moins à la retraite ?

Si les personnels de la fonction publique ainsi que les indépendants peuvent continuer à bénéficier de leur mutuelle à des conditions équivalentes une fois à la retraite, les salariés du privé, eux, doivent se trouver une nouvelle mutuelle et en principe la facture est salée ! Alors il est normal de se poser la question : Pourquoi le prix de ma mutuelle augmente alors que je gagne moins à la retraite ? Explications.

Premier facteur de l’augmentation : le changement de situation

En principe tous les salariés du privé bénéficient d’une complémentaire santé via leur employeur, ce dernier étant contraint légalement d’en financer au moins la moitié et de souscrire à un contrat prévoyant le panier de soins minimum.
Mais une fois à la retraite, le salarié n’est plus couvert par sa mutuelle d’entreprise et doit trouver sa propre assurance santé. Or l’ancien contrat collectif présente une couverture minimale obligatoire et ne peut tenir compte de l’âge. Rien de tout cela dans son nouveau contrat individuel dont la tarification tient compte de l’âge (90 % des contrats sont dans ce cas-là) et peut présenter des garanties moins performantes.



Autrement dit, l’âge fait augmenter la prime de la mutuelle (nous le verrons plus tard), mais c’est d’abord le changement de situation qui est la cause de l’inflation : non seulement l’ancien salarié doit désormais financer 100 % de sa complémentaire et peut devoir prendre des garanties renforcées pour continuer à profiter d’une couverture équivalente à l’ancienne.

Conserver sa mutuelle d’entreprise à la retraite

Il existe malgré tout une solution apportée par la loi Evin qui permet de conserver sa mutuelle d’entreprise même à la retraite. Le jeune retraité peut continuer à être couvert aux mêmes garanties mais avec une hausse du tarif plafonnée à 50 %.
Attention, on parle ici de 50 % du tarif global et pas seulement celui payé par le salarié. Autrement dit si la mutuelle d’entreprise coûtait 80 € (40 € à la charge du salarié + 40 € à la charge de l’employeur), une fois à la retraite le salarié devra assumer les 80 € mais pourra supporter jusqu’à 50 % d’augmentation, soit un tarif final maximum de 120 €.

Peut-être qu’en comparant les offres du marché, ledit salarié pourra trouver un contrat aussi performant et moins cher (ou aussi coûteux mais plus protecteur) et en finir définitivement avec sa mutuelle d’entreprise.

Deuxième facteur de l’augmentation : l’âge

Nous le disions plus haut, l’âge est effectivement un élément clé dans la tarification des assurances santé. Sans volonté de stigmatiser les seniors, les chiffres apportent un début d’explication : les plus de 75 ans représentent 10 % de la population mais 20 % des dépenses globales de santé.
Et puis la nature humaine fait qu’en principe on a davantage besoin de soins médicaux à mesure que les années passent.

Par ailleurs, beaucoup de contrats sont adaptées aux seniors avec des garanties spécifiques comme une prise en charge renforcée de certaines spécialités liées à l’âge, des cures thermales, des transports médicaux et souvent l’apport d’une garantie perte d’autonomie.

Jusqu’à 30 % d’augmentation tous les 10 ans

D’une manière générale, les organismes qui commercialisent des complémentaires santé pratiquent une revalorisation annuelle des tarifs de 2,5 à 3 % par an avec l’âge sur leurs contrats seniors. Comptez donc 25 à 30 % d’augmentation par tranches de 10 ans. A propos de tranches, il vous sera peut-être utile de savoir si votre mutuelle pratique une revalorisation annuelle ou par périodes (5 ans ou 10 ans) même si au final le résultat sera le même.

Enfin, il vous sera possible de trouver des assurance santé dont l’argument commercial sera « pas d’augmentation avec l’âge » ou pas « d’augmentation après 65 ans ou 70 ans ». Attention car elles seront peut-être plus onéreuses à la souscription. Il s’agit d’un calcul à faire sur la durée entre un contrat cher dès le départ et un autre moins cher au départ mais qui augmente régulièrement.

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