En 2016, la collecte nette de l’ensemble des contrats d’assurance vie s’établissait à 16,8 milliards d’euros. Soit un encours de 1 632 milliards d’euros et une nouvelle progression de +3% sur un an. Décidément l’assurance vie est vraiment le placement préféré des français. Voici les raisons de cette situation.

Le débat sur les retraites est sans cesse remis sur la table. Une enquête menée par l’Ifop (sur un échantillon de 1 004 personnes représentatif de la population active âgée de 30 à 60 ans) pour La France Mutualiste indiquait déjà en 2010 qu’une écrasante majorité des actifs estimaient important de se constituer une épargne exclusivement destinée à la retraite. Ils étaient 86% à le dire. En outre, plus de la moitié d’entre eux (58%) affirmaient ne pas avoir suffisamment d’argent disponible pour se constituer un pécule.

Toujours d’après cette étude, la moitié des épargnants préfèraient se tourner vers l’assurance vie. « Les Français ne recherchent pas la rentabilité avant tout, affirmait le Directeur général de La France Mutualiste, ils veulent pouvoir récupérer l’argent placé en cas de coup dur et ne veulent pas de produits d’épargne tunnel sur lesquels les fonds sont bloqués. Ce qu’ils souhaitent c’est une garantie, un placement dont le rendement est sans surprise ».

Un placement sans surprise et sans risque, confirmait le sondage Ifop : 80% des épargnants en assurance vie se tournent vers les fonds en euros, moins rémunérateurs mais aussi moins risqués que les unités de compte.

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3 raisons qui font de l’assurance vie le placement préféré des Français

 

Un placement souple et rentable

L’assurance-vie permet de choisir soi-même le rythme de ses versements. Vous pouvez en effet décider de’accélérer ou bien de freiner la constitution de votre capital selon vos disponibilités d’épargne. Ou bien, votre choix peut aussi être arbitré en fonction d’une tendance porteuse des marchés.

En effet, les fonds en euros sont stables mais à plus faible rendement. Certains contrats d’assurance-vie proposent donc une offre complémentaire de supports financiers. Ce sont les unités de compte, qui sont constitués d’une large gamme de placements. La sélection des supports et la répartition du capital se fait en fonction de la sensibilité au risque et des objectifs d’investissement de l’assuré. Celui-ci peut à tout moment modifier la répartition de son capital au sein de son contrat, grâce à des arbitrages entre ses différents supports financiers. Et il peut décider de la faire notamment pour booster ses rendements.

L’absence de plafond qui limiterait les investissements est un autre atout de ce type de contrat.

 

Une épargne disponible

Toutes les sommes investies dans un contrat d’assurance vie restent disponibles à tout moment, notamment pour financer un projet. Le souscripteur peut ainsi effectuer un retrait d’une partie de son capital, c’est ce qu’on appelle un rachat partiel.

Il peut aussi reprendre la totalité de son capital, par exemple pour acheter sa résidence principale. Dans ce cas, le contrat est clôturé. Enfin certains contrats permettent une sortie en rente viagère. Le bénéficiaire s’assure ainsi des revenus complémentaires réguliers, par exemple pour améliorer son confort de vie à la retraite.

 

Un placement pour soi et les autres

Un contrat d’assurance-vie peut être ouvert pour soi-même bien sûr. Mais l’objectif d’épargne peut aussi être de favoriser un proche. Ces polices aident en effet à la constitution d’un capital destiné à ses enfants ou petits-enfants. Cela peut être fait dans le cadre d’un projet de long terme, le financement de leurs études supérieures par exemple.

Par exemple, vous avez un enfant de 10 ans et souscrivez un contrat d’assurance-vie. Vous versez sur celui-ci des versements programmés mensuels de 100 €. Pour ses 20 ans, votre enfant disposera d’un capital de 12 000 €, hors intérêts et plus-values !

Enfin l’un des principaux atouts de l’assurance-vie, qui fait que les Français le préfèrent à d’autres placements, est l’optimisation possible de la transmission d’un patrimoine financier. Car les sommes transmises dans le cadre de ce type de contrat bénéficient d’abattements spécifiques. Les taxes sont ainsi réduites, notamment lorsque le ou les bénéficiaires ne sont pas des héritiers directs ou un conjoint marié ou pacsé.

Bon à savoir

En 2017, l’abattement de l’assurance-vie s’élève à 152 500 € par bénéficiaire quel qu’il soit, sur la globalité des sommes transmises par le même assuré, lorsqu’elles ont été versées au contrat avant ses 70 ans.

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Comment résilier son assurance vie avant échéance ?

Tout titulaire d’un contrat d’assurance vie est en droit de le résilier avant l’échéance prévue par celui-ci. Il faut toutefois ne pas confondre résiliation et rétractation.

La rétractation est possible par l’épargnant dans un délai de 30 jours à compter de la signature du contrat. Pour cela, il suffit d’envoyer, à son assureur, une demande de rétractation par lettre recommandée avec accusé de réception. La compagnie d’assurance ou la banque est alors tenue de restituer à l’assuré les fonds qu’il a engagés.

Pour résilier son contrat avant échéance, là encore, une simple lettre recommandée avec accusé de réception suffit. Notez toutefois que le préavis est alors de deux mois.

 

Les obligations à la charge de l’assureur

 

Information annuelle du souscripteur

Une des premières choses qu’est tenu de faire une compagnie est d’informer chaque année le souscripteur sur la situation de son contrat. Elle doit, par exemple, lui communiquer le montant de sa valeur de rachat, celui des primes, etc. Cette information est due durant toute la durée du contrat, et quel qu’en soit le montant de la provision.

Si la police souscrite comporte un terme, l’assureur est également tenu d’adresser au souscripteur un relevé d’information spécifique, un mois avant ce terme. Le document doit informer de la situation du contrat, mais il doit également rappeler de façon apparente sa date du fin. Il doit, de plus, mentionner une éventuelle prorogation tacite, et préciser que la revalorisation du contrat cesse à échéance, sauf mention contractuelle contraire. Si le souscripteur ne revient pas vers l’assureur après le terme du contrat, ce dernier doit lui renvoyer le relevé spécifique au bout d’un an.

 

Recherche des bénéficiaires de l’assurance vie et information sur le décès éventuel de l’assuré

Une loi impose, depuis 2005, à l’assureur de rechercher les bénéficiaires d’une assurance vie dont les coordonnées sont mentionnées sur la police. Une autre loi de 2007 contraint aussi les assureurs à s’informer du décès éventuel de leurs assurés.

Les compagnies peuvent effectuer cette démarche via leurs organismes professionnels. Le législateur autorise en effet ces derniers à consulter chaque année les données relatives au décès des personnes inscrites au Répertoire National d’Identification des Personnes Physiques (RNIPP) de l’INSEE.

Dès lors qu’il est informé du décès de l’assuré, la compagnie doit ensuite rechercher le bénéficiaire et l’aviser de la situation.

 

Questionnaire d’information et obligation de conseil

Les assureurs sont aussi dans l’obligation de remettre un questionnaire aux clients désireux de souscrire une assurance vie, afin de leur fournir un produit adapté à leur profil de risque et à leurs besoins.

Depuis 2005 déjà, les banques doivent fournir des conseils aux nouveaux souscripteurs. Désormais, une ordonnance du 30 janvier 2009 stipule que les assureurs doivent aussi recueillir des informations sur le montant des revenus du client, sa situation familiale, ses compétences financières, etc. Tout cela a pour but de suggérer au souscripteur le meilleur placement d’assurance vie, à un niveau de risque limité.

Les informations fournies par le client seront retranscrites par écrit pour faire foi en cas de litige, ceci afin de préserver toute mise en cause ultérieure de l’assureur par l’épargnant en cas de mauvais placement par ce dernier. En revanche, si l’assureur est en faute, le client pourra également facilement faire valoir ses droits.

 

Les règles des droits de succession

Date de souscription
du contrat
Âge de l’assuré au moment
du versement
Date de versement des primes
Avant le 12/10/1998Après le 13/10/1998
Avant le 20/11/1991Quel que soit l’âge de l’assuréExonération des droits de successionExonération jusqu’à 152 500 € par bénéficiaire
Au-delà, prélèvement fiscal de 20 %.
Entre le 20/11/1991 et le
12/10/1998
Moins de 70 ansExonération des droits de succession
Plus de 70 ansExonération à hauteur de 30 500 € répartie entre les bénéficiaires (toutes assurances-vie confondues) puis taxation selon le degré de parenté avec l’assuré.
Les intérêts accumulés sur l’assurance-vie sont exonérés.
Après le 13/10/1998Moins de 70 ansExonération jusqu’à 152 500 € par bénéficiaire.
Au-delà, prélèvement fiscal de 20 %.
Plus de 70 ansExonération à hauteur de 30 500 € répartie entre les bénéficiaires puis taxation selon le degré de parenté avec l’assuré.
Les intérêts accumulés sur l’assurance-vie sont exonérés.