Achat auto : essence ou diesel ? Nos conseils pour choisir

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En quelques années, la part du diesel dans les achats de voitures neuves a largement diminué. Le gasoil a en effet cédé sa place à l’essence et aux autres formes d’énergie (voitures électriques et hybrides). Prix à l’achat, consommation, entretien, écologie… plusieurs raisons expliquent ce basculement. Mais est-ce suffisant pour rayer définitivement le diesel de vos critères d’achat ? Alors, essence ou diesel : quel carburant choisir ?

Essence ou diesel : qui est le plus rentable ?

A puissance équivalente, un modèle diesel sera entre 5 et 20% plus cher que le même modèle essence. Il sera également 10% plus onéreux à entretenir et à assurer. Aussi, ne prenez pas seulement en considération le prix à la pompe qui est moins élevé !

Selon la catégorie de véhicule

Le choix entre essence et gasoil dépend tout d’abord de la catégorie de véhicule envisagée. Pour une citadine (Renault Twingo, Fiat 500, Volkswagen Polo, Renault Clio, Kia Picanto…), ce sont les constructeurs eux-mêmes qui vous imposent quasi-systématiquement l’essence sur leurs modèles.

En effet, le surcoût engendré par les technologies de dépollution à installer sur les moteurs diesel a fini par rendre ce carburant économiquement inepte sur les petits modèles. De fait, les constructeurs qui proposent toujours des diesels dans ces gammes-là sont devenus rares.

Dans son comparateur en ligne, le magazine Que Choisir recense 16 modèles diesel pour 74 voitures essence ou véhicules hybrides et électriques sur ce segment.

Dans la catégorie des berlines et SUV compacts (Renault Mégane, Peugeot 3008, Volkswagen Tiguan, Nissan Qashqai…), le choix est déjà plus ouvert. Très présentes dans les flottes automobiles d’entreprises, où le diesel bénéficie encore d’avantages fiscaux conséquents, les constructeurs continuent logiquement à répondre à la demande.

Selon le prix d’achat

Pour le particulier, le choix nécessite en revanche d’être murement réfléchi. En effet, si le prix du carburant à la pompe est encore à l’avantage du mazout (environ 15 centimes par litre par rapport au super SP95), ce critère seul ne doit surtout pas vous faire occulter tous les autres.

Certes, faire rouler un diesel vous coûtera moins cher en carburant par rapport au modèle essence équivalent, mais la différence de prix à l’achat du véhicule (1 500 à 2 000 € plus cher pour un modèle diesel, à prestations équivalentes) vous interdit d’envisager la moindre rentabilité avant plusieurs dizaines de milliers de kilomètres.

Il est donc impératif d’effectuer un calcul sur toute la durée où vous pensez conserver le véhicule : vous pourriez être alors surpris par le nombre de kilomètres à parcourir pour amortir le surcoût du diesel !

Moteur diesel : un coût d’entretien jusqu’à deux fois plus élevé

Le coût d’entretien peut dans certains cas être doublé sur un moteur diesel par rapport à son équivalent essence : ce constat anéantit l’idée que, plus on garde le véhicule longtemps, plus il est rentable.

Il fut un temps où le diesel était capable de parcourir plusieurs centaines de milliers de km avec un entretien courant quand l’essence connaissait ses premiers ennuis après quelques dizaines de milliers de km. Ce n’est plus vrai de nos jours. La fiabilité est désormais équivalente et l’essence ne possède pas de filtre à particules, ce qui est un atout.

Le diesel peut encore être un choix raisonnable à condition de rouler beaucoup et majoritairement hors des villes, de manière à éviter l’encrassement des organes du moteur, synonyme de coûts d’entretien élevés.

Diesel ou essence : quel confort de conduite ?

Les moteurs essence récents (le plus souvent suralimentés par un turbo) développent un couple qui n’a plus grand chose à envier aux diesels et offrent un confort acoustique nettement supérieur.

Les berlines familiales et SUV équivalents (« segment D » type Renault Talisman ou Mercedes Classe E) sont généralement utilisés par des gros rouleurs. Le diesel reste donc dans ce cas-là pertinent, à condition de vérifier les critères de rentabilité et de bien évaluer les coûts d’entretien.

Grâce au couple généreux que ces moteurs offrent à bas régime, il reste de toute façon à privilégier dans le cadre de certains usages réguliers, comme le tractage de remorque, van ou caravane par exemple.

Enfin, lorsqu’elle est proposée au catalogue du constructeur, envisager une version hybride-rechargeable plutôt qu’un diesel peut s’avérer rentable. Une fois l’écart de prix réduit grâce au bonus écologique ou à l’absence de taxe calculée sur les émissions de CO2 pour les sociétés (0 euros en dessous de 50 g de CO2/km), le choix de ce type de propulsion peut se montrer tout à fait pertinent.

Le diesel consomme-t-il moins ?

A mesure que les normes de pollution se renforcent, les moteurs diesel consomment toujours moins et ils conservent quand même un avantage par rapport aux moteurs essence. Néanmoins, cet écart s’est considérablement réduit au point parfois d’obtenir des valeurs distantes de quelques décilitres sur le même parcours.

Les prix à la pompe et les consommations se rejoignent entre essence et diesel : l’argument économique n’est donc plus aussi évident.  

Comment calculer la rentabilité ?

Pour une Volkswagen Golf d’environ 110 chevaux, par exemple, nous avons calculé qu’au prix actuel des carburants, il vous faudrait plus de 10 ans (à raison de 15 000 kilomètres parcourus chaque année) pour amortir la différence de prix à l’achat entre un modèle essence et son équivalent diesel.

Si l’on prend en compte la volonté des pouvoirs publics d’aligner progressivement la taxation du diesel sur celle de l’essence, l’équation devient tout simplement impossible à résoudre.

Pour établir le seuil de rentabilité d’un diesel versus l’essence :

  • commencez par calculer la différence de prix aux 100 kilomètres parcourus, en multipliant le chiffre de la consommation mixte normalisée par le prix au litre du carburant pour les deux véhicules,
  • puis soustrayez le montant obtenu pour l’essence de celui obtenu pour le diesel,
  • ensuite, divisez la différence de prix à l’achat entre le véhicule diesel et l’essence par le montant trouvé pour la différence de coût aux 100 kilomètres,
  • et multipliez-le par 100.

Pour notre Golf citée en exemple, la rentabilité est envisageable à partir de 163 000 km

Mise à jour le
Damien Ruliere est l'auteur de cette page

D’abord journaliste spécialisé auto-moto, Damien évolue depuis 2013 dans l’univers de l’assurance.