5 choses à savoir sur l’assurance moto

Publié par , le . Temps de lecture : 5 minutes.

La Sécurité routière dévoile que 7 motards sur 10 ont déjà chuté. Les risques d’accidents en moto sont plus élevés qu’en voiture mais ce sont surtout les conséquences qui peuvent être beaucoup plus importantes. Outre ses risques, la loi française impose la souscription d’une assurance pour les deux-roues, si vous y pensez mais n’y connaissez pas grand chose, voici 5 choses à savoir sur l’assurance moto.

1. Qu’est-ce que l’assurance moto ?

En France, les deux-roues ont deux obligations. Par mesure de sécurité, le port du casque est obligatoire depuis 1973 (le port de gants certifiés l’est également depuis 2016) mais surtout, et comme tous les véhicules à moteur, ils doivent s’assurer au minimum en responsabilité civile. Pour cela trois formules sont à distinguer :

  • l’assurance au tiers : cette formule couvrira les dommages que vous pourriez causer à autrui en cas d’accident responsable mais en aucun cas elle ne couvrira les vôtres. Si l’autre conducteur est responsable de l’accident, c’est son assurance qui vous indemnisera pour les dommages matériels et corporels subis

  • assurance intermédiaire (tiers +) : en plus d’une protection minimale, l’incendie et le vol sont compris dans votre couverture d’assurance.

  • assurance tous risques : cette formule possède la protection la plus complète avec notamment les garanties dommages tous accidents et dommages corporels. La première indemnisera pour tous les dommages causés au véhicule (accident responsable ou non), la seconde indemnisera l’assuré pour ses dommages corporels. Attention, cette dernière n’est pas toujours acquise même dans les contrats tous risques.

Pour n’importe quelle formule, il est fortement conseillé de souscrire à la garantie “dommages corporels”. En cas de blessure grave, ou d’hospitalisation, vous percevrez une indemnisation si la blessure résulte d’un événement garanti et si le montant du préjudice est supérieur au seuil minimal déterminé (il est par exemple de 10% pour une invalidité permanente). En cas de décès, vos bénéficiaires recevront un capital déterminé par avance par votre assureur.

Selon votre contrat, deux types de franchise peuvent s’appliquer. Soit une franchise relative, ce qui signifie qu’en cas de sinistre, si le montant des réparations du véhicule est inférieur au montant de la franchise déterminée par le contrat aucune indemnisation ne sera possible. Soit une franchise absolue et dans ce cas, vous ne serez indemnisé que si le montant du sinistre est supérieur à la franchise déterminée par le contrat. Si le montant du sinistre dépasse donc la franchise, la différence entre les deux montants vous sera remboursée.
Par exemple, si le sinistre s’élève à 250 euros et que votre franchise est de 150 euros, vous serez remboursé à hauteur de 100 euros.

Comme en assurance auto, le système du bonus-malus s’applique. Il permet de récompenser les bons conducteurs en leur accordant un bonus de 5% de leur prime dès la première année sans accident responsable. Au bout de 13 ans sans accident, il est ainsi possible de réduire sa prime de moitié. En revanche, ce système pénalise les conducteurs responsables d’accidents en leur appliquant un malus qui augmente leur prime de 25%. Il est toutefois possible de l’annuler au bout de deux ans sans accident responsable.

2. Qui cette assurance concerne-t-elle ?

Ce type d’assurance concerne bien évidemment toutes les personnes possédant un deux-roues car il faut savoir que comme les voitures, les motos doivent être assurées même si elles ne roulent jamais et sont toujours en stationnement.

3. Quels en sont les avantages ?

  • au tiers : en cas d’accident responsable avec une autre personne, c’est votre assurance qui prendra en charge l’indemnisation de l’autre partie. Si vous en êtes la victime, ce sera l’assurance de l’autre motard qui se chargera de votre indemnisation.

  • formule intermédiaire : contrairement à l’assurance au tiers, les incendies et le vol font partie des garanties de base et non des garanties optionnelles à souscrire en plus. Elles sont soumises à conditions (par exemple le dépôt de plainte en cas de vol ou les incendies avec complicité) mais ne sont pas considérées comme des garanties complémentaires.

  • en tous risques : la formule tous risques possède les garanties les plus larges. Il est également possible de souscrire d’autres garanties supplémentaires spécifiques à cette formule comme les garanties “accessoires hors série” ou “véhicule de remplacement” qui permet la mise à disposition d’un autre véhicule en cas d’indisponibilité de votre moto suite à un événement garanti par le contrat.

4. Quelles sont les limites de l’assurance moto ?

  • au tiers : cette assurance est le minimum obligatoire pour rouler avec une moto et elle ne couvre donc que les dégâts causés à autrui uniquement. En cas d’accident responsable, vos propres dégâts seront à votre charge.

  • formule intermédiaire : avec cette formule, le vol de la moto entre dans les événements garantis. Mais attention, la même préconisation qu’en assurance habitation s’applique : il ne faut pas créer les conditions de risque. Si le vol se fait alors que le véhicule était stationné, la garantie ne se déclenchera que si la moto possédait un antivol ou si elle était stationnée dans un local fermé.

  • en tous risques : même avec cette formule, le conducteur ne bénéficie pas forcément d’une bonne protection en cas d’accident. Il peut donc se révéler nécessaire de souscrire des garanties optionnelles pour être bien protégé.

De plus, il faut être particulièrement vigilant aux seuils et aux plafonds de remboursements. Les premiers désignent le montant minimal à partir duquel votre assurance vous remboursera en cas de dommages. Les seconds désignent le montant maximal que peut atteindre votre indemnisation. En cas d’invalidité permanente liée à un événement garanti par exemple. Le seuil minimal est de 10% d’invalidité, si votre médecin ne déclare que 8% vous ne pourrez être indemnisé.

5. Assurer sa moto : quel en est le coût ?

Pour assurer sa moto il convient donc de se poser les bonnes questions : quelle est l’âge de votre deux-roues ? En effet, assurer en tous risques une moto plus âgée aura moins d’intérêt que s’il s’agissait d’une moto neuve.

De quelles garanties avez-vous vraiment besoin ? Les motards roulant relativement peu pourront se contenter d’une assurance au tiers . Ce n’est pas tout à fait le cas pour une personne roulant tous les jours car elle sera bien plus exposée aux risques qu’entraîne une moto : chute, accident, vol…
Et enfin, les indemnisations proposées sont-elles avantageuses ? Il faudra prêter attention aux montants des franchises et aux  plafonds d’indemnisations en fonction des sinistres.

Comptez donc environ 250 euros par an pour assurer une moyenne cylindrée au tiers et 300 euros en tous risques. Si vous souhaitez assurer une grosse cylindrée, cela vous coûtera alors 1000 euros par an en tous risques ou 400 euros au tiers.
Enfin, pour un scooter haut de gamme, comptez 350 euros pour une assurance au tiers et 700 environ pour un assurance tous risques.

Parce que l’automobile est un produit majeur de l’assurance, il est tout à fait normal de retrouver sur Hyperassur un journaliste spécialisée comme Alexandre. Depuis une quinzaine d’années, il contribue à de nombreux titres auto et hight-tech, et présente même une émission dédiée à l’automobile (Le Garage – OuatchTV).

Suivez-nous