Prothèse dentaire : disparité importante entre les prix pratiqués et les remboursements

En raison d’une mauvaise implantation des dents, d’une pathologie particulière ou tout simplement de l’âge, nombreux sont ceux qui ont besoin de se faire poser une prothèse dentaire. Et bien souvent ils redoutent ce moment car la facture peut être importante et les remboursements de la sécurité sociale sont très insuffisants.

De prime abord, avec un taux unique de 70 % valable sur les consultations, les soins et les prothèses, on pourrait croire à un bon niveau de remboursement. C’est le cas sur une consultation par exemple chez un chirurgien-dentiste pratiquant le tarif conventionné, soit 23 €, où l’on peut espérer un remboursement par la Sécurité sociale d’un montant de 16,10 €. La mutuelle santé complète généralement la différence. À noter que contrairement à un médecin généraliste par exemple, la participation forfaitaire de 1 € n’est pas appliquée.

Il en va de même pour un détartrage. C’est le soin le plus courant dont le prix, généralement 35 à 45 €, est bien pris en charge par la sécurité sociale (70 % du tarif de convention – 28,92 €, soit 20,24 €) et par les mutuelles, même celles d’entrée de gamme.

Des prix libres sur les prothèses dentaires

Le scénario est tout autre pour les prothèses car les prix moyens sont très élevés. Voici ce que nous avons pu relevé auprès de professionnels :

  • Une couronne coûte entre 300 et 600 € selon sa composition ;
  • Un inlay-core est compris entre 150 et 400 € ;
  • Un appareil dentaire (1 à 3 dents) demande autour de 400 € ;
  • Un appareil complet (soit 14 dents) coûte rarement moins de 1 200 € ;
  • Et un bridge (composé de 3 éléments) peut demander de 750 € à 1000 €.

Précisons que, contrairement aux consultations et soins, chaque praticien fixe librement le tarif des prothèses dentaires. C’est une des raisons, mais pas la seule, de factures aussi élevées. Et ce malgré l’invitation faite aux médecins par la Sécurité sociale à dresser leurs honoraires avec « tact et mesure ».

Sachez par ailleurs qu’avant toute intervention de ce type, le dentiste ou stomatologues devra vous présenter un devis. Libre à vous ensuite d’en faire établir plusieurs et surtout de contacter au préalable Assurance maladie et mutuelle pour vous faire confirmer le montant de votre remboursement.

Quel remboursement attendre de la sécurité sociale ?

Comme nous venons de le voir ci-dessus, le montant d’une prothèse chez un chirurgien dentiste peut très vite s’envoler. Et, malheureusement, le taux de 70 % prévu par la sécurité sociale s’appuie sur des tarifs de convention très en-deçà de la réalité, jusqu’à 3 fois inférieurs parfois.

Les niveaux de remboursements diffèrent en fonction du type de soins apportés et du type de prothèse : SPR 33, SPR 50, SPR 57, SPR 67… Plus l’indice SPR est élevé, plus le remboursement de l’assurance maladie est élevé.

  • Une couronne : 70 % de 107,50 € = un remboursement de 75,25 € ;
  • Un inlay-core : 70 % de 122,50 € ou 144,05 € = un remboursement compris entre 85,78 € et 100,83 € ;
  • Un appareil 1 à 3 dents : 70 % de 64,50 € = un remboursement de 45,15 € ;
  • Un appareil complet : 70 % de 182,50 € = un remboursement de 127,75 € ;
  • Un bridge 3 éléments : 70 % de 279,50 € = un remboursement de 195,65 €.

En se basant sur ces chiffres, on constate que le reste à charge pour le patient est très important : plus de 200 € pour une simple couronne, près de 500 € pour un bridge et jusqu’à plus de 1 000 € pour un appareil dentaire complet.

Quelle est la part de prise en charge des prothèses dentaires par les mutuelles ?

Disposer d’une bonne mutuelle est ici essentiel car les restes à charge ne sont pas neutres. Voilà pourquoi de nombreuses personnes renoncent à se soigner. Et choisir une mutuelle qui rembourse bien les prothèses dentaires n’est pas simple.

Le premier élément à prendre en compte c’est bien entendu son coût par mois pour vous, coût qu’il faudra mettre en rapport avec vos besoins dentaires. Inutile de payer une mutuelle performante sur les prothèses dentaires si votre dentition est en parfait état.

Les problèmes arrivent le plus souvent avec l’âge, les dents s’usent c’est normal. Toutefois, il ne faudra pas attendre le dernier moment pour s’en inquiéter car de peur que certains patients souscrivent parce qu’ils ont déjà des problèmes, la plupart des mutuelles pratiquent un délai de carence de plusieurs mois. Autrement dit, après souscription, vous pourrez par exemple attendre 6 mois avant de demander un remboursement pour des prothèses dentaires.

L’élément le plus important pour comparer une mutuelle, c’est bien sûr son niveau de remboursement exprimé le plus souvent en pourcentage : de 100 % pour les contrats d’entrée de gamme à 400 % pour les plus performants.

Mais 100 % ou 400 % de quoi au juste ? Et bien c’est là qu’il faudra être attentif car ce pourcentage peut être à partir de la base de remboursement de la Sécurité sociale (BRSS) ou bien du montant effectivement remboursé par la Sécu.

Voici un exemple pour bien comprendre la différence qui peut être importante entre les deux dispositifs.

Remboursement pour un inlay-core à 400 € avec une mutuelle qui rembourse à 200 %

Prise en charge sur la base de remboursement de la Sécurité sociale :
La Sécurité sociale rembourse 70 % de 122,50 €, soit 85,78 €.
La mutuelle rembourse 200 % de 122,50 € soit 245 €.
400 – 85,78 – 122,50 = un reste à charge de 69,22 €.

Prise en charge sur le montant remboursé par la sécurité sociale :
La Sécurité sociale rembourse 70 % de 122,50 € soit 85,78 €.
La mutuelle rembourse 200 % de 85,78 € soit 171,56 €.
400 – 85,78 – 171,56 = un reste à charge de 142,66 €.

Cet exemple démontre que le reste à charge peut aller du simple au double selon si la mutuelle rembourse à partir de la BRSSe ou du montant remboursé par l’assurance maladie.

Enfin, dernier élément pour choisir une mutuelle qui rembourse bien les prothèses dentaires, se méfier du plafond annuel de remboursement !

En effet, les contrats prévoient une limite annuelle au-delà de laquelle elles ne prendront plus en charge vos frais. En règle général ce plafond est évolutif, il devient plus important d’année en année.

Les premières années, il peut être très faible avec les mutuelles simples, 200 € par exemple.Avec une bonne mutuelle, au bout de 2 à 3 ans d’ancienneté, on peut espérer un plafond de 2000 €.