Vous avez souscrit une mutuelle individuelle ou bien celle proposée par votre entreprise. Vous estimez cependant que les garanties offertes sont insuffisantes. Il existe une solution à ce désagrément : souscrire une surcomplémentaire santé.

Comment fonctionne une surcomplémentaire santé ?

Comme son nom l’indique, une surcomplémentaire ou surmutuelle couvre les frais de santé en complément d’une première mutuelle.

D’ailleurs, si la Sécurité Sociale est capable de communiquer avec cette première mutuelle, c’est à l’assuré de servir d’interlocuteur à sa surcomplémentaire. C’est à lui de transmettre les justificatifs nécessaires à son troisième niveau de remboursement.

Presque indispensable pour les salariés disposant d’une mutuelle aux prestations faibles, la surcomplémentaire est aussi intéressante pour les assurés qui souhaitent renforcer certains postes onéreux (optique, dentaire, cure thermal, médecines douces…)

Toutefois, une surcomplémentaire ne peut agir que là où la mutuelle de base n’agit pas ! Elle n’offre pas de garantie en plus. Et les remboursements ne peuvent en aucun cas être supérieurs aux sommes engagées. Il n’est donc pas possible de réaliser des bénéfices sur les remboursements.

Par ailleurs, la souscription à une surcomplémentaire est souvent soumise à un questionnaire médical. Elle impose, la plupart du temps, des délais de carence importants. Et, comme la majorité des assurances, elle prévoit des plafonds en nombre d’intervention et / ou en montant en euros.

Une garantie complémentaire de 3e niveau pour de meilleurs remboursements

En résumer, une surcomplémentaire santé complète les remboursements de votre mutuelle qui, elle-même, complète ceux de l’Assurance Maladie. Souscrire à un tel contrat permet de pallier des taux de remboursements insuffisants dans certains domaines.

En effet les complémentaires santé ne prennent pas tout en charge efficacement. C’est notamment le cas des prestations les plus coûteuses. Parmi celles-ci les consultations de spécialistes, l’optique et le dentaire. Mais ça peut aussi être le cas des dépassements d’honoraires appliqués par votre praticien. Dans de telles situations une sur-complémentaire santé offrira plusieurs avantages. Parmi ceux-ci :

Mieux comprendre les bénéfices offerts par une surmutuelle

Par exemple, un assuré subit une intervention qui nécessite la pose d’un inlay-core. Il s’agit d’une prothèse dentaire proposée très souvent par les praticiens et dont le prix moyen est d’environ 400 €.

  • La Sécurité sociale va prendre en charge 85,79 €, soit 70 % du tarif de convention fixé à 122,55 €. Sans mutuelle, le reste à charge est de 314,21 € ;
  • Avec une mutuelle d’entreprise couvrant le panier de soins minimum, le remboursement ira jusqu’à 125 % du tarif de convention, soit 153,18 €. Autrement dit, l’assuré perçoit 85,79 € de la Sécurité sociale + la différence de 70 à 125 % du tarif de convention (67,39 €). Le reste à charge est ici de 246,82 € ;
  • Avec une surcomplémentaire santé, le reste à charge va être diminué, voire devenir nul en fonction des garanties souscrites.
    Si le complément est de 200 % du tarif de convention, le remboursement pourra atteindre 245,10 € et porter le reste à charge à 154,90 €
    Un complément à 300 % du tarif de convention permettra un remboursement jusqu’à 367,65 €. Cela portera le reste à charge à 32,35 €.

Quel est le coût d’une surcomplémentaire ?

Pour choisir un contrat de troisième niveau, il faut avant tout déterminer si les besoins complémentaires doivent porter sur l’ensemble des postes ou seulement sur un poste en particulier (frais médicaux, hospitalisation, etc.) Ce profil « à la carte » impose de fortes variations aux prix des surcomplémentaires.

Ce coût peut commencer à partir de 3 € / mois pour un complément modéré sur une dépense ciblée. Il peut monter jusqu’à plus de 100 € / mois pour une formule familiale haut de gamme capable d’intervenir sur toute la chaine de dépenses.

Le coût se détermine donc par le nombre de personnes à assurer, leur âge et, nous venons de le voir, par les besoins. Les spécialistes prédisent en outre une tendance toujours plus forte vers la personnalisation des contrats. Ils estiment que leur prix moyen devrait rejoindre celui des complémentaires santé individuelles : de 15 € à 60 € suivant les formules.

Le futur contrat de référence ?

Produit marginal jusque-là, la surcomplémentaire pourrait devenir le modèle de référence sur le marché des mutuelles individuelles. Maintenant que la majorité des actifs dispose d’une mutuelle d’entreprise et n’a plus besoin d’un contrat personnel, la surcomplémentaire viendrait remplacer ce dernier au cœur du marché.

C’est en tout cas ce que prévoient de nombreux spécialistes du secteur. Ils identifient deux raisons à cela :

  • Les contrats collectifs mis en place depuis longtemps dans les entreprises voient leurs garanties révisées à la baisse, à la faveur des nouvelles normes sur les contrats responsables ;
  • Une grande partie des nouveaux contrats mis en place à l’occasion de la loi ANI (entrée en vigueur au 1er janvier 2016) se contentent du panier de soins minimum imposé aux employeurs.

Ainsi, une forte proportion de salariés pourrait devoir souscrire à une surcomplémentaire pour compenser la baisse des remboursements, soit par rapport à un contrat collectif devenu moins performant, soit par rapport à un contrat individuel résilié au profit de la couverture obligatoire.

C’est là tout le paradoxe des dernières réformes en faveur de la généralisation des mutuelles santé. Et si leur entreprise peut leur proposer une couverture de troisième niveau (le premier niveau est la Sécurité sociale, et le deuxième la mutuelle de base), son adhésion reste facultative et son financement intégralement à la charge du salarié.

Par définition, la souscription à une surcomplémentaire santé n’est possibles qu’aux personnes qui disposent déjà d’une assurance complémentaire. Toutefois, si votre mutuelle couvre déjà efficacement les soins dont vous avez besoin, vous n’avez pas nécessité d’y avoir recours.

Ainsi il est important de connaitre parfaitement vos besoins en matière de santé. Cela implique de bien comprendre ce que vous offre votre mutuelle : montants exacts de remboursement, exclusions… Cela sous-entends aussi que vous avez adhéré à un contrat de mutuelle parfaitement adapté à vos besoins. Ce n’est qu’après cela que la question d’une adhésion à une surcomplémentaire peut se poser.

A l’origine journaliste spécialisé auto-moto, Damien évolue depuis 2013 dans l’univers de l’assurance. Une question sur un contrat, sur des garanties ou sur des remboursements… il met son expertise au service des internautes. Son objectif : que les assurés soient mieux protégés et deviennent des consommateurs avertis.